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Festival Silhouette Carte Blanche à Johanna Vaude

Festival Silhouette Carte Blanche à Johanna Vaude

 

(English below)

Cette année, l’équipe du Festival Silhouette me donne carte blanche pour une séance spéciale autour de mes films.

La programmation du festival est sous le signe de la rébellion, et c’est dans cette optique que j’ai imaginé la projection de mes films : de Samouraï et De l’Amort (Love and Death) en passant par System Overload jusqu’à mes vidéos pour Blow Up Arte ainsi que d’autres surprises…

Rendez-vous le samedi 2 septembre à 15h00 au Vent se lève 181 Avenue Jean Jaurès, 75019 Paris.

Le festival m’a également demandé de réaliser leur bande-annonce que vous pouvez voir ici :

This year, the Silhouette Short Film Festival gives me a special screening of my films.

The programme is under the sign of rebellion and it’s in this way that I made the choice of my films : starting from Samouraï and De l’Amort (Love and Death) through other productions like System Overload or my videos for Blow Up Arte and more…

See you on Saturday, september 2 at 3:00 p.m at Le Vent se lève 181 Avenue Jean Jaurès, 75019 Paris.

For the third year, The Silhouette Film Festival ask to a director, whom it loves the art work, to create the trailer of the festival.

You can watch my contribution here :

« Une séance est consacrée à Johanna Vaude et à son parcours cinématographique hors du commun. Son cinéma hybride, basé sur une relation entre les images et le son, aborde des thèmes très étendus en privilégiant le point de vue intérieur de ses sujets et en créant des univers intenses aux couleurs et aux montages insoupçonnés.
Au programme, des créations originales comme Ufo Dreams mais aussi des commandes pour Blow Up avec des hommages à Leonardo Dicaprio, en passant par Mad Max mais aussi Jim Jarmush et Scarlett Johansson. »

– Festival Silhouette 2017

 

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Bande annonce Festival Silhouette par Johanna Vaude

Bande annonce Festival Silhouette par Johanna Vaude

 

(English below)

Pour la troisième année consécutive, le festival Silhouette propose à un réalisateur dont il apprécie le travail de réaliser la bande annonce du festival.

Cette année, l’équipe de Silhouette m’a demandé de réaliser leur bande-annonce et m’a donné carte blanche pour une séance spéciale autour de mes films.

La programmation du festival est sous le signe de la rébellion, et c’est dans cette optique que j’ai imaginé la projection de mes vidéos.

Rendez-vous le 2 septembre à 15h00 au Vent se lève181 Avenue Jean Jaurès, 75019 Paris.

For the third year, The Silhouette Film Festival ask to a director, whom it loves the art work, to create the trailer of the festival.

This year, the Silhouette team asks me to create the trailer and also gives me a special screening of my films.

The programme is under the sign of rebellion and it’s in this way that I think the choice of my videos.

See you september 2 at 3:00 p.m at Le Vent se lève 181 Avenue Jean Jaurès, 75019 Paris.

 

« Pour la troisième année consécutive, nous proposons à un réalisateur dont nous apprécions le travail de réaliser la bande annonce du festival.
Le Festival Silhouette suit attentivement ses productions. En 2008, Samouraï est projeté en ouverture de la projection Hybride, Impressions en 2009, mais aussi Hypnotic en 2010. En 2011, deux courts métrages de Johanna Vaude sont sélectionné : Let’s fight and I turn home. Ufo dreams est projeté en 2012 et en 2015 au parc de la Butte du chapeau rouge dans la sélection Focus. »

– Festival Silhouette 2017

 

 

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france culture

France Culture Mon jumeau le robot

France Culture Mon jumeau le robot

 

A l’occasion de la série documentaire consacrée aux robots sur la radio France Culture, je décrypte ma vidéo « I’m more than a machine » créée pour l’émission Blow Up Arte.

 

Mon intervention est diffusée dans le premier épisode : lundi 1er Mai 2017 à 17h00.

 L’émission sera disponible en poadcast après diffusion.

 

During a documentary series about robots at the french radio « France Culture », I talk about my video « I’m more than a machine » created for Blow Up Arte.

 

My speech will be broadcast Monday, 1 May 2017 at 5:00 p.m.

The programme will be available in poadcast after diffusion (only in french)


 

Tous les détails /// More details :

 

Du 1er au 04 Mai 2017 – tous les jours de 17h à 18h, La série documentaire « Mon jumeau, le robot » de Maylis Besserie, réalisation Anna Szmuc

 

Episode 1 : Robots-Hommes et Hommes-robots 

Avec Georges Proust, Jacques Attali, Pascal Pinteau, Jean-Claude Heudin, Johanna Vaude, Karine Alexandrian et Aurore Chiquot

 

Episode 2 : « Travailler comme un robot »

Avec Pascal Pinteau, Daniel Ichbiah, Jean-Luc Thomé, Mercedes Bueno-Garcia, Jean-Christophe Smal, Catherine Simon, Guillaume Morel, Christian Dujardin et les étudiants de l’école EPITA, Cédric Delmas, Benoît Peeters et François Schuiten

 

Episode 3 : « Il faut sauver le soldat robot »

Avec Blanca Li, Raja Chatila, Philippe Bidaud, Christophe Grand et les équipes de l’ONERA et Cyril Kabbara.

 

Episode 4 : « Un robot qui me veut du bien »

Avec Jean-Claude Heudin, Rodolphe Gélin, Aurore Chiquot, Michel Burger, Daniel Ichbiah, Pascal Pinteau, Mohammed Chetouani, Blanca Li, Kathleen Richardson, Raja Chatila, Catherine Simon et Alain Bensoussan

 

Batman V Superman par Johanna Vaude – Blow up Arte

Batman V Superman par Johanna Vaude – Blow up Arte

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Time : 4 : 16 min
Production : Blow up Arte / Camera Lucida
Editing and soundtrack : Johanna Vaude
Original format : digital
Distributor : Blow Up Arte – Camera Lucida

 

Résumé : « Batman V Superman » est une bande annonce parallèle sur un film imaginaire en hommage aux personnages de Comics Batman et Superman.

Technique : Montage sonore et visuel à partir de films sur Batman et Superman.

Infos : cette vidéo a été conçu pour l’émission de cinéma Blow Up Arte

Synopsis : « Batman V Superman » is an unofficial trailer about an imaginary movie dedicated to the Super heros Comics : Batman and Superman.

Technique : Editing and sound work based on films with Batman and Superman.

Additionnal information : This video was commissioned for the webzine cinema Blow Up Arte.

My soundtrack was made with free samples, trailer’s sounds from « Batman V Superman » and addition of experimental sounds and extracts from film’s dialogues :

Paroles :

-Intro –

« Day versus night »

« That how it starts. The Fever, the rage. The feeling of powerlessness that turns good man… cruel. »

batman vs superman johanna vaude blow up arte

-Batman-

« As a symbole I can be incorruptible, I can be everlasting. »

« I’m Batman ! »

« I see without seeing. To me, darkness is as clear as daylight. »

« You have great powers. »

-Superman-

« On my world it means hope »

« Oh Superman ! »

« Everyone stand back, please stand back ! »

« Superman ! »

-Interlude-

« Today, is the day for truth. »

« The end of Superman… »

« You are the symbols of hope I can never be. »

« The Bat is Dead, bury it ! »

« Guilty. Guilty ! Guilty ! »

« Destroy Superman ! »

« I have to destroy him ! »

« Someone knows where he is !!! »

– Bubbles of Comic –

Page 1 et 2 :

– Batman : « I will find you superman »

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– A girl seeing Superman flying : « Oh my god ! »

– Batman : « Me to ! I can fly ! »

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Page 3 et 4 :

– Superman : « What’s this ? »

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– Batman : « I’m going to destroy you ! »

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– Superman : « Tired ? »

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– The Joker : « Hello ! »

– Batman : « Damn it ! »

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Page 5 et 6 :

– Catwoman : « Miaou ! »

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– The Joker : « HAHAHA »

– Batman : « HELP ! »

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– Superman : « RHAAAAA ! »

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Page 7 :

– Batman : « Who are you ?! »

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– Superman : « A friend. »

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Batman V Superman par Johanna Vaude – Blow up Arte

 

Experimental Showreel

(English version)                                                                                       
Johanna Vaude

Johanna Vaude (click to enlarge)

Artiste et réalisatrice, Johanna Vaude crée des films éclectiques.
Son parcours révèle différentes périodes, partant d’un savoir-faire en arts et cinéma expérimental (peinture sur pellicule, footage, stock-shot, flicker, animation image par image) qu’elle étend jusqu’aux nouvelles technologies (mashup, recut, motion design, modélisation 3D…).
La combinaison et la relation des images classiques et expérimentales engendrent des films inclassables qui oscillent entre avant-garde, clip, pop art, poésie introspective, expériences sensorielles, psychédélisme, rêve et fiction.
Son cinéma hybride, basé sur une relation entre les images et le son, aborde des thèmes très étendus en privilégiant le point de vue intérieur de ses sujets et en créant des univers intenses aux couleurs et aux montages insoupçonnés.

Ses premiers films acquièrent une reconnaissance critique (Libération, magazine Bref, Encyclopédie du court-métrage, Cahiers du cinema Espana… ) et dépassent les frontières établies. Ils sont projetés dans des institutions (Frankfurt Film Museum, Tate Modern, Jeu de paume, Beaubourg) sélectionnés dans des festivals de court-métrage et des focus leur sont consacrés alors qu’ils ont été confectionnés hors des systèmes traditionnels (MK2 Beaubourg, Cinémathèque Française, Festival Côté Court de Pantin, Pesaro Film Festival, News form festival, LUX National de Valence,…) [voir la liste détaillée]

La chaîne culturelle ARTE a programmé un portrait de l’artiste pour l’émission Court-Circuit. [Voir un extrait de l’interview…]
Une carte blanche, basée sur sa recherche de l’hybridation, lui a été confiée à la Cinémathèque française : « Greffe, fusion, hérédité : l’hybridation et les nouvelles technologies selon Johanna Vaude ». [Revue Corps]

Dès 2006, Johanna Vaude crée les bandes sonores de ses films tout en continuant de collaborer avec des musiciens. Certaines de ses collaborations sont présentes sur l’édition du DVD Hybride sorti chez le label Lowave avec le soutient du CNC.

En 2008 et 2009, un extrait du film L’oeil sauvage a fait partie de l’installation TH.2058 créée par Dominique Gonzalez-Foerster et présentée à la Tate Modern de Londres.

Depuis 2011, Blow Up Arte, dédié à l’actualité du cinéma, lui donne régulièrement Carte Blanche sur des thématiques ou des réalisateurs. Parmi elles, plusieurs ont été remarquées : un article dans les Inrockuptibles, une interview sur France Culture, un plateau média à la Gaîté Lyrique, un article sur Première et Konbini, une projection au Ministère des Finances et de l’économie et qualifié de « Super-Edit » par le média culturel Nowness.

Parallèlement, la réalisatrice répond à d’autres commandes et collaborations. Elle a également été Jury professionnel dans différentes manifestations (Film Fest Dresden, Silhouette, Takavoir) et membre titulaire de la commission aide avant réalisation (contribution financière) au court-métrage du CNC.

Récemment, une photo de son film Notre Icare a fait la double couverture du Millenium Film Journal, revue culte New-Yorkaise dédiée au cinéma et vidéo d’artiste.

Johanna Vaude est lauréate 2016 du Prix Label image décerné par Les Passeurs de Lumière à la SCAM.

Sa maîtrise des images, du montage, des techniques et médias ainsi que des bandes originales lui permet de créer et d’explorer différents univers esthétiques visuels et sonores.

Toujours en quête de nouvelles pistes, sa créativité ne s’encombre d’aucune limite pour satisfaire sa soif d’inventivité.

[Télécharger le CV détaillé : CV johanna vaude janvier 2016]

Johanna Vaude

 

BIO

Rencontre avec Johanna Vaude Festival Silhouette

Rencontre avec Johanna Vaude Festival Silhouette

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Le festival Silhouette a interviewé Johanna Vaude à propos de son film UFO Dreams, sélectionné en 2011 et programmé en 2015 pour son focus Le chant de la terre.

The Silhouette Film Festival interviewed Johanna Vaude about her film UFO Dreams, selected in 2001 and programmed in 2015 for its focus The song of the earth.

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UFO DREAMS [Tribute to science fiction films]. from johanna vaude on Vimeo.

 

 

Festival Silhouette – Focus : Le chant de la terre

Mon film UFO DREAMS sera projeté au Festival Silhouette dans le cadre du focus : « Le Chant de la Terre« , vendredi 4 Septembre. Projection en plein air au Parc de la Butte du Chapeau Rouge, 21h00, Paris 19ème arr.

My film « UFO DREAMS » will be screened during the Silhouette Film Festival for an focus about « the song of the earth« , September 4th. Open air films screenings at the Butte du Chapeau Rouge park, 21:00 p.m, 19ème arr. Paris.

 

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Festival Silhouette – projection plein air

Hybrid films Theory

 

Click to enlarge / Cliquez pour agrandir…

Johanna VaudeHybridationCF_02

« Hybridation : Le cinéma expérimental contemporain et les nouvelles technologies selon Johanna Vaude » in Cinémathèque Française, programme Septembre – Octobre 2006, p. 86,87

english

HYBRIDIZATION IN CONTEMPORARY EXPERIMENTAL CINEMA WITH NEW TECHNOLOGIES ACCORDING TO JOHANNA VAUDE

Program of the « Cinémathèque Française » (French Anthology Film Archives)_ Paris, September / October 2006, p.86-87

« Johanna Vaude, brilliant young experimental film-maker, dedicates her cinematic and analytical works to what will doubtless appear as the big affair of this turning point of the millennium as regards the mobile images : hybridization, the hybridization of supports, practices, ideas. In the palette of an incredible wealth available to the film-makers today, in these plastics possibilities that the artists grant themselves through repeated and various diversions, excesses, alliances and tribologiques researches, in this fascinating excitement, how to distinguish ? The informed, sensible and subtle glance of the author of “The Wild Eye”, which has just dedicated a fundamental essay to the history of the film hybridization, helps us to discover, to look from different view points. »

Nicole Brenez

« The appearance of the new technologies renews the traditional practice of the experimental movies. The notion of plastic hybridization is nowadays subject to changes because it is situated in the heart of the film media. How to report this disruption of the practices, techniques and supports ? We discern three processes: the transplant, the fusion and the heredity.

The « Transplant » films include, on the same support, the various elements from diverse sources – video, digital, film – which live together without becoming distorted. The sources do not mix, they remain intact, in their state, and are juxtaposed. Without our noticing it consciously, the videos images or those from of the last technologies come into gestures and artistic practices of the filmmakers.

The « Fusion » films mix all the materials, without distinguishing them (photos, digital, Super 8 films, 16mm, 35mm, video, etc.), by mixing them, so that we do not know anymore where is the first source, which is not important anymore. What counts, is the plastic and aesthetic result : all the elements and the techniques marry, are linked, are not anymore recognizable as such. These films attest of an assimilation of all the materials and the supports in relation with the world of the images.

The « hereditary » films are only on digital. The film disappeared in its physical manipulation, there is no more trace, except a « genetic » trace. We can see, in certain digital videos works, the signs of previous practices and the experimental techniques (recycling / footage, scratching, assembly (editing), flicker, etc.)

We can see, in certain videos digital creations, the signs of the previous practices specific the experimental, (recycling / footage, scratching, editing, flicker, etc.), reconstituted techniques, remade either by software or by gestures that come back constantly, but with different tools. These gestures are either the sign of a tradition and a transmission of a practice of the experimental movies, or on the contrary an intuition, an evidence, because certain filmmakers, without knowing particularly the experimental movies, are naturally going to proceed with an already pre-existent home-made practice.

Subsequently, we see new film practices finding their specific languages from the new technologies: virtual world (being also able to express a reality), artificial intelligence…

The practice of hybridization puts in touch all the techniques of the film and the digital technology. It is a film « gesture » which transfers the old to the new. That is a continuity where we would see a break. Some users, who have now access to these new technologies, participate, sometimes unconsciously, in this transfer by using all the means at their disposal.

It is a human reflex which let hope a future where the experimental could exceed all the current limits and lease to be confined in a unique practice or a belonging. »

Johanna Vaude

« A population (…), is defined by its borders with the other groups of the same kind; these borders are hardly waterproof, it is this porosity which brings the main part of the new genes. »

(Albert Jacquard, Les hommes et leurs gènes, 1994.)

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Texte paru dans la revue scientifique Corps [Edition Dilecta] sous la direction de Bernard Andrieu et Philippe Coutarel

Greffe, fusion, hérédité. L’hybridation dans le cinéma expérimental contemporain.

Les formats les plus couramment employés dans le cinéma expérimental sont, pour des raisons économiques, le super 8 et le 16 mm. Le 35 mm ou le 8 mm sont également utilisés (pellicule rare) et le 70mm exceptionnellement. Parmi les nombreuses réalisations expérimentales, un souci constant de recherche plastique et esthétique pousse cette pratique à chercher de nouveaux procédés techniques ; les effets visuels obtenus grâce aux filtres, les vitesses de prises de vues et de projections, l’image par image, le développement en laboratoire, les temps d’exposition, les surimpressions, les interventions directes sur la pellicule, le montage, la récupération (le found footage). On trouve également une réflexion sur sa spécificité dont découle une remise en question permanente ; c’est par ce biais qu’il ouvre son champ à d’autres domaines – comme les arts plastiques, la poésie, la musique, la philosophie, le documentaire, l’engagement politique, la forme narrative, etc. – et nous offre une palette de genres incroyablement large et riche.
Aujourd’hui, c’est avec cette longue tradition d’expérimentations et tout cet acquis de réflexions techniques, plastiques et esthétiques que le cinéma expérimental actuel rencontre les nouvelles technologies mises à la disposition du grand public. Depuis la fin des années 90 et le début des années 2000, les premiers logiciels de montage (Final Cut Pro., I-movie ou Adobe Première) sont accessibles aux cinéastes expérimentaux. On voit apparaître des réalisations très actuelles abordant de nouvelles expérimentations en rapport avec ces outils récents et leurs potentiels techniques. Ces nouveaux supports ne viennent pas remplacer les autres plus anciens. Les cinéastes expérimentaux y voient bien plus une complémentarité. Ils remettent en question leur propre fonctionnement et explorent ce nouveau domaine qui va s’élargissant. C’est une mutation qui s’opère au sein de la pratique expérimentale et qui donne lieu à une hybridation des supports, à une forme de créativité insoupçonnée. Si l’on se réfère au dictionnaire, l’hybridation plastique signifierait un croisement naturel ou artificiel de deux espèces ou variétés différentes. Si nous avons à la base deux supports différents tels que du 16mm et du numérique, l’hybridation n’est pas un film par exemple tourné et monté en 16mm puis projeté en vidéo. L’hybridation est bien davantage un mélange plastique, une cohabitation de divers éléments à l’intérieur même du film. C’est la transposition d’images filmées sur des médiums tels que le super 8, le 16 mm, le 35 mm, la vidéo numérique, et retravaillées à partir de différentes techniques : interventions sur pellicule (peinture, collage, grattage), la retouche d’images numériques (Photoshop, After Effect), le montage traditionnel et numérique, création d’images de synthèse (programmation, logiciels de 3D). Au final, ces images sont rassemblées sur un support commun, qu’il soit argentique, analogique ou numérique, à partir duquel elles sont projetées. Le “ corps ” du cinéma se transforme. Si l’on considère le cinéma en général comme une espèce, alors les croisements qui se sont effectués entre le cinéma expérimental et les autres domaines artistiques sont une hybridation entre deux espèces différentes puisque les pratiques, comme la sculpture, ne sont pas de la même catégorie et de même constitution. Actuellement, c’est un tout autre croisement qui s’opère, car les différents supports, matériaux et instruments qui constituent le cinéma contemporain sont des variétés de sa propre espèce. Pour la première fois, le cinéma est en train de se décliner lui-même comme ce fut le cas dans d’autres domaines artistiques. Les hybridations plastiques que le cinéma expérimental a explorées avec d’autres espèces, comme la peinture, sont des pratiques qui l’ont précédé et l’ont imprégné de leurs acquis ; contrairement aux nouvelles technologies qui sont en “ avant de lui ”, presque sans histoire. C’est peut-être cette nouveauté propre au cinéma qui fait peur et crée une frontière entre une pratique du cinéma expérimental adonnée à la “ pureté pelliculaire ”, et une autre plus aventurière qui s’ouvre aux nouveaux instruments présents dans le monde moderne des hautes technologies. Les nouvelles hybridations se passent dans le matériau même du cinéma, avec un corps nouvellement constitué qui est celui du numérique : sa composition morphologique change, et après observations, on distingue trois formes d’hybridations expérimentales actuelles : la greffe, la fusion et l’hérédité. Ces trois formes d’hybridation n’ont pas de frontières totalement délimitées, beaucoup de réalisations peuvent recouvrir et déborder plusieurs de ces distinctions. Certains films peuvent à la fois fusionner tout en étant de l’ordre de l’héréditaire. Ces trois distinctions permettent de mieux comprendre les gestes et les enjeux de cette nouvelle hybridation du cinéma expérimental actuel.

La Greffe
“ Il est une ancienne croyance très répandue, et qui repose sur un ensemble considérable de preuves, c’est que de légers changements dans les conditions d’existence sont avantageux pour tous les êtres vivants. (…) et que, d’autre part, de légers croisements, (…) ajoutent à la vigueur et à la fécondité des produits. ” (Charles Darwin 1859, p. 320-321.)

Les films dits de “ greffe ” regroupent, sur un même support, différents éléments provenant de diverses sources – vidéo, numérique, argentique – qui cohabitent les unes avec les autres sans se dénaturer. Elles ne se mélangent pas entre elles, elles restent intactes, en leur état et sont juxtaposées les unes contre les autres. Pourquoi les cinéastes ont-ils recours à la greffe ? Pourquoi le corps du film a-t-il besoin de ces agrégations ? Très souvent, pour une raison pratique ou financière, les cinéastes vont avoir recours à ces greffes pour apporter à leurs créations les éléments manquants et pouvoir constituer le corps en son entier. La greffe, d’une certaine manière, est aussi arrivée dans le cinéma expérimental pour des raisons culturelles et sociologiques, car ces nouvelles images qui nous entourent font partie de notre environnement quotidien. Sans que l’on s’en aperçoive de manière toujours consciente, les images issues des dernières technologies viennent s’introduire dans nos gestes et nos pratiques artistiques.

La fusion
“ (…) le croisement de formes qui ne sont que légèrement différentes favorise la vigueur et la fertilité de leur descendance et ensuite, que de légers changements dans les conditions de vie sont apparemment favorables à la vigueur et à la fertilité de tous les êtres organisés. ” (Charles Darwin 1859, p. 330.)

Les films “ fusion ” sont ceux qui mélangent tous les matériaux, sans les distinguer, en les mixant les uns avec les autres, de telle sorte qu’on ne sache plus vraiment où se trouve la source première qui n’a plus de réelle importance : tous les éléments s’épousent, s’imbriquent, ne sont plus vraiment identifiables, ne forment plus qu’un et peut-être un « troisième terme ». Ces films témoignent d’une assimilation de tous les matériaux et supports en rapport avec le monde des images : photos argentiques, numériques, films Super 8, 16mm, 35mm, vidéo, etc.

L’hérédité
“ En vertu du principe si puissant de l’hérédité, toute variété objet de la sélection tendra à propager sa nouvelle forme modifiée. ” (Charles Darwin 1859, p. 49.)

Les films “ héréditaires ” sont conçus uniquement en numérique. L’argentique a disparu dans sa manipulation physique, il n’y en a plus de trace, sauf une trace “ génétique ”. On peut voir, dans certaines créations vidéos numériques, les signes des pratiques antérieures et propres à la pellicule, reconstituées, refabriquées, soit par des logiciels, soit par des gestes qui reviennent sans cesse, mais avec des outils différents. Ces gestes sont soit le signe d’une tradition et transmission d’une pratique du cinéma expérimental, soit au contraire, une intuition, une évidence car certains cinéastes, sans connaître particulièrement le cinéma expérimental, vont naturellement procéder à une pratique artisanale déjà préexistante.

“ Le procréé peut fort bien être différent de l’un et de l’autre des géniteurs (…) les géniteurs ne transmettent pas ce qu’ils sont, mais la moitié des facteurs qu’ils avaient reçus. (…) Le résultat obtenu est unique, le nombre des possibles est immense.” (Albert Jacquard 1994, p.18-21.)

Le cinéma expérimental a acquis un grand savoir-faire en termes d’expériences cinématographiques aussi bien au niveau technique que plastique et esthétique. Aujourd’hui, les expériences plastiques faites avec la pellicule sont arrivées à leur terme : par exemple un cinéaste qui pratique actuellement de la peinture sur pellicule prolonge en quelque sorte une tradition de la pratique expérimentale. Ce n’est plus une expérience au sens large, mais une expérimentation à sa propre échelle personnelle, puisque le procédé a été maintes fois exploré et découvert. Ceci ne veut pas dire que cette pratique est “ révolue ” ou “ dépassée ”, mais elle devenue un acquis et un précieux héritage qu’il faut pouvoir renouveler dans le paysage numérique des dernières technologies. Actuellement il faut se questionner sur les possibilités plastiques et expérimentales de ces héritages : comment peuvent-elles s’inscrire dans ce nouveau paysage, que peuvent-elles transmettre aux nouvelles pratiques, qu’est-ce que ces nouveaux outils et usages peuvent nous apporter en retour ?
L’hybridation plastique avec les dernières technologies permet la rencontre de pratiques venant de différents milieux – arts plastiques, graphismes, VJing, cinéastes, Web masters, animateurs de films, programmateurs informatiques, réalisateurs de clips musicaux. Même si une culture ou une pratique s’évanouit, il en reste toujours des traces dans les nouvelles sociétés. On ne peut pas encore savoir ce qui se passera concrètement pour le cinéma expérimental, mais nous savons déjà que les supports argentiques vont peu à peu disparaître tandis que l’acquis lui-même de la pratique expérimentale va subir ou subit déjà une “ transmigration ” vers les nouvelles technologies et continue de cette façon à évoluer et à influer.
Certaines réalisations aujourd’hui ne sont plus techniquement identifiables. Les frontières s’estompent, les pratiques se mélangent et donnent forme à un nouveau continent, à une nouvelle ère pour le cinéma artisanal. Un tel brassage de cultures et de pratiques artistiques va sans aucun doute donner naissance à de nouvelles formes cinématographiques, de nouvelles propositions d’images et de nouvelles positions relationnelles entre le cinéaste et son outil l’ordinateur. Celui-ci en effet devient peu à peu l’instrument quotidien du cinéaste car il réunit potentiellement, du point de vue des images, toutes les pratiques entre elles : Photoshop pour la photo, Final Cut Pro., I-movie, Adobe Première pour le montage numérique, After Effect pour les effets spéciaux, 3DS Max, Combustion pour de la 3D, Flash pour l’animation sur le Web ou dans les films. Tout est maintenant à portée de main. On peut également créer les images soi-même sans passer par la caméra, soit en construisant ses propres formes en 3D directement à partir du logiciel, soit en traçant du pixel, soit en cherchant des images sur Internet ou en les extrayant depuis un DVD. Aujourd’hui existe aussi le Net Art, des sites interactifs à la croisée de l’animation, du jeu, du graphisme et même de l’expérimental. Comme la technologie ne cesse de se développer, on peut très bien imaginer que d’ici quelques années l’émergence des “ flash films expérimentaux ” sur le réseau, empreints de la culture du flicker, du montage psychédélique, d’images par images, d’expériences sur les supports et les programmations, de found footage, le tout mêlé à l’interactivité. Tous les moyens et les codes de l’image en mouvement éclatent et se conjuguent actuellement.
L’hybridation plastique dans le cinéma expérimental actuel annonce un changement en profondeur pour la pratique artisanale. Ses repères sont modifiés et les nouvelles pratiques qui se sont engagées annoncent un renouveau de l’esthétique visuelle expérimentale. Nous pouvons déjà entrevoir que les films dits de “ greffe ” et les films dits de “ fusion ” seront des pratiques “ éphémères ”, car lorsque la pellicule argentique ne sera plus accessible aux cinéastes, seuls les films dits “ héréditaires ” survivront. Les films de “ greffe ” et de “ fusion ”, mélangeant, raccordant et conjuguant deux pratiques, argentiques et numériques, sont en quelque sorte les témoins visibles d’un bouleversement dans le monde des images en mouvement.
Les résultats de ces hybridations cinématographiques seront-ils pris en considération et de ce fait seront-ils féconds ou stériles ? Car comme on peut le lire dans L’Origine des espèces de Charles Darwin, certains croisements donnent des hybrides incapables de se reproduire, ou au contraire, la fécondité des descendants augmente (Charles Darwin 1859, p. 314). Les mauvaises conditions environnementales sont les facteurs principaux qui empêchent la reproduction des végétaux hybrides, comme le remarque Charles Darwin : “ Les conditions défavorables affectent plus facilement la fécondité (…) ” (Charles Darwin 1859, p. 320.)
La pratique de l’hybridation met en relation toutes les techniques connues de l’argentique et du numérique. C’est là un “ geste ” cinématographique qui transfère l’ancien vers le nouveau. C’est-à-dire, une continuité là où nous aurions tendance à voir la rupture. Une continuité qui passe par la transmission des acquis, des héritages, d’une histoire. Ces acquis, ces héritages, cette histoire, sont tellement présents que sans le savoir et sans a priori, certains utilisateurs, qui ont maintenant accès à ces nouvelles technologies, participent à ce transfert en exploitant tous les moyens qui sont à leur disposition. Les cinéastes qui connaissent cette charge historique pourraient faire le lien et faire découvrir aux nouveaux praticiens (comprenant des programmateurs informatiques, des webmaster, des infographistes…) l’origine et l’histoire du cinéma expérimental. Ces nouveaux praticiens sont curieux et portés naturellement à l’exploration, à l’expérimentation et à la création. C’est là un réflexe humain qui laisse entrevoir un avenir où l’expérimental pourrait dépasser toutes les limites actuelles et ne plus être circonscrit par une pratique unique ou une appartenance. Aujourd’hui, il y a un tel foisonnement de productions artisanales et de tels moyens de diffusions à notre disposition, une telle multiplicité de foyers de créations, que localiser l’ensemble de la production expérimentale devient une entreprise d’autant plus passionnante qu’elle s’avère difficile.

Corps & Couleurs : L’Hybride par Bernard Andrieu

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« L’hybride » par Bernard Andrieu in Corps & Couleurs, CNRS éditions, dir. Pascal Blanchard, Gilles Boëtsch, Dominique Chevé, page 138-147, 2008

Histo.art 2 – Le cinéma critique. De l’argentique au numérique, voies et formes de l’objection visuelle

« Greffe, fusion, hérédité : l’hybridation dans le cinéma expérimental contemporain » par Johanna Vaude

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Le cinéma critique. De l’argentique au numérique, voies et formes de l’objection visuelle

sous la direction de Nicole Brenez et de Bidhan Jacobs

Au tournant du XXIe siècle, l’art du fi lm a connu des mutations profondes et rapides qui semblaient faire de la technologie le moteur de la créativité. Les cinéastes ont vécu une situation nouvelle et passionnante : ils pouvaient puiser à volonté dans plus d’une centaine d’années de matériel argenti-que, vidéographique puis numérique, et trouvaient à leur disposition un nombre croissant d’outils pour transférer, hybrider, tresser les supports d’images. Simultanément, aussi technicide que technophile, la logique industrielle fondée sur un turn-over à rotation accélérée démantelait des pans entiers de l’arsenal argentique et vidéographique. Comment les pratiques artistiques ont-elles affi rmé leur auto-nomie par rapport aux consignes technologiques et aux commandes sociales ? Comment ont-elles articulé exigence formelle et dynamique d’éman-cipation ? Cet ouvrage collectif recense les voies et les formes singulières de l’objection visuelle, notion qui renvoie aux différents modes d’actualisation pratique d’une conception du film comme travail critique. Issu des journées d’études « Cinéma expérimental et histoire » (2007), « Collectif Jeune Cinéma/Festival des cinémas différents. Histoire, conservation et diffusion du cinéma expé¬rimental » (2008), « L’art au temps du numérique » (2009) et des programmations impaKt (conçues par les Trois Lumières) qui se sont déroulées au sein de l’Institut national d’histoire de l’art à l’initiative des chercheurs de l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne (École docto¬rale Histoire de l’art), ce deuxième volume de la collection Histo.art associe manifestes et analyses d’artistes, d’enseignants et de doctorants. Une préface du cinéaste Peter Whitehead et une intervention en images du plasticien Ange Leccia enrichissent l’ouvrage.

 

Ed. Publications de la Sorbonne, 2010

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Interview for Visual404

Interview for Visual404

Une interview et un article consacré à mon travail est en ligne sur le site Espagnol Visual404 | Web de análisis audiovisual.

An interview and a review about my work is edited by the spanish website, Visual404 | Web de análisis audiovisual.

Extract : « Artist and director, JOHANNA  VAUDE creates eclectics movies. As it develops, her art reveals various periods, starting from Super 8 and hand painted films, then going to hybridization and mix of medias, techniques and genres. Her films and videos, based on the relation between images and sound, touch on a very wide range of themes. She proposes a free and wild cinema, without rules and dogmas. With her very special hybridization technique, her work goes beyond established boundaries. » [read more…]

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Hommage à Scarlett Johansson – Blow Up Arte

Hommage à Scarlett Johansson – Blow Up Arte

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Time : 6: 46 min Production : Blow up Arte / Camera Lucida Editing and original music : Johanna Vaude Original format : digital Distributor : Blow Up Arte – Camera Lucida

 

Résumé : Un hommage à l’actrice Scarlett Johansson…

Technique : Montage sonore et visuel à partir de la filmographie de Scarlett Johansson.

Infos : « Western Wind – I trust my feelings » a été conçu à l’occasion d’une carte blanche pour l’émission Blow Up Arte. J’ai créé une musique originale inspirée par le jeu de l’actrice, sa voix et ses paroles présents dans ses films, et en particulier à partir d’un poème médiéval qu’elle chante a capella dans le film « The Other Boleyn Girl ». J’ai découvert que ce poème populaire du moyen-âge s’intitulant « Western Wind (Westron wynde) » était chanté dans les tavernes et a influencé de nombreux artistes tels que Igor Stravinsky…[Source wikipedia].

Découvrez les trois très beaux articles écrits sur le web par Konbini « Un superbe hommage à Scarlett Johansson« , sur Première « La carrière de Scarlett Johannson revisitée dans un fascinant clip psychédélique » et les Inrocks « Tomber amoureux de Scarlett Johansson en 5 minutes« !

Synopsis : A tribute to the actress Scarlett Johansson…

Technique : Editing and sound work based on Scarlett Johansson’s filmography.
To know more « Western Wind – I trust my feelings » was commissionned by Blow Up Arte. I created the original music inspired by the acting, the voice and the words of Scarlett Johansson in her films, based on a medieval poem whom she is singing a capella in the movie « The other Boleyn girl ». I discoverd that this popular medieval poem named « Westron wynde » was sung in the taverns and has influenced a number of artists such as Igor Stravinsky [view more on wikipedia].

SOUNDTRACK :

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‘Western wind, when will thou blow, The small rain down can rain ? Christ ! If my love were in my arms, And I in my bed again !’

‘Western wind, when will thou blow,

  johanna vaude blow up arte johanna vaude carte blanche scarlett johansson

             The small rain down can rain ?

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           Christ ! If my love were in my arms,

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                   And I in my bed again !’

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Westron wynde

‘Westron wynde, when wilt thou blow,

The small raine down can raine.

Cryst, if my love were in my armes

And I in my bedde again !’

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Carte blanche sur Blow Up Arte, l’actualité du cinéma (ou presque) : Scarlett Johansson par Johanna Vaude

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PROJECTIONS

2015

> LES PASSEURS DE LUMIERE, Prix Label image 2016, Bannalec, France
> FORUM DES IMAGES, Bibliothèque François Truffaut, Mois du film expérimental et de l’art vidéo, Found footage : séance Johanna Vaude, Paris, France
> LUX, Scène Nationale de Valence, Hybride : court-métrage de Johanna Vaude, Valence, France
> VILLA ARSON, conférence / rencontre avec les étudiants dans le cadre du GREV (groupe de recherche et d’experimentations visuelles), Nice, France

LUX de Valence – Hybride : courts-metrages de Johanna Vaude

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LUX de Valence – Hybride : courts-metrages de Johanna Vaude

Séance de films le 13 janvier à 18h15

Je suis invitée une seconde fois par l’équipe du LUX de Valence menée par Catherine Rossi-Batôt pour présenter une séance de mes films retraçant ma pratique Hybride consistant à mélanger différentes techniques visuelles et sonores :

« De la peinture sur pellicule aux montages vidéos réalisées pour le magazine Blow Up d’Arte, un parcours à travers les films hybrides de Johanna Vaude, qui intègrent cinéma expérimental, arts vidéo et numérique, animation et clip, mashup.

Son talent : le montage, qui permet, avec très peu de moyens tout à la fois d’analyser et inventer un nouveau film. Johanna Vaude anime des ateliers Eurêka proposés par LUX en collaboration avec la Région Rhône-Alpes. »

 

LUX de Valence - Hybride : courts-metrages de Johanna Vaude

Millennium Film Journal

Millennium Film Journal

The Voice of Artist’s Cinema

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Mon court métrage « Notre Icare » fait la couverture du n°60 du Millennium Film Journal, une des plus anciennes et célèbre revue New-Yorkaise dédiée au cinéma artistique. Deux photos de mon travail (« Totalité remix » et « Exploration« ) sont également imprimées sur la page couleur !

My short film « Notre Icare » is making the cover of the famous Millennium Film Journal (MFJ), one of the oldest continuously published journals of artists’ moving image works, based in New York. Two frames of my work (« Totalité remix » and « Exploration« ) are also printed on the color page of the review !

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Millenium Film Journal / Cover image : Johanna Vaude Notre Icare

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Currently edited by Grahame Weinbren, Kenneth White, and occasional guest editors, the Millennium Film Journal has been published more or less biannually since 1978 by the Millennium Film Workshop, former director Howard Guttenplan, current director Peter Kingsbury.

Since its inception in the 1970s, the Millennium Film Journal has documented the multiple transformations of the cinematic in the hands of artists, giving a voice to a community that tended toward marginality. Our single commitment is to the cinema as an art form, not a product, and we continue to maintain the idealist – if aggressively naive – position that artworks and products are separate and distinct species, even if some works are both.

At this point in history, moving images surface not only in multiple locations, but in different kinds of place, from huge outdoor public projections to the intimacy of the mobile phone, to name just the extremes. The moving image resides not only in a range of technologies but in different physical states, from the materiality of the filmstrip to the ephemerality of the data-cloud. Writers for the MFJ continue to document, analyze, historicize, track and describe artists’ use of the moving image, wherever they appear, whatever form they adopt, whatever time-frame they wish to explore, from the earliest days of the pre-cinematic into the possibly non-objective future.

And yet our readership looks to the Millennium Film Journal to explore beyond these points of inquiry, for artists, theorists, amateur and professional, to come to us with their impressions and not-yet-complete theories, their ideas-in-progress, their proposals, their manifestos, their commitments, their loves, and their hates.

We are the oldest journal of artists’ moving image works on the planet. As long as we continue, this is one thing that cannot change. But everything else can.

The Millennium Film Journal, now in its 36th year, is devoted to artists’ moving image of all kinds, from the photo-chemical to the digital, from the black box to the white cube to the street to the handheld.

 

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Millennium Film Journal 60 Publication Screenings

Totalité remix and Notre Icare are showing by the Millennium Film Journal

Brooklyn Fire Proof 119 Ingraham Street  Brooklyn
(entrance on Johnson Avenue and Porter • L Train to Morgan Ave)

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Millennium Film Journal Publication Screenings

Totalité remix and Notre Icare are screened by the Millennium Film Journal

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Program 1: Millennium Film Workshop Weds Nov 12th 7:30 pm

Johanna Vaude TOTALITÉ REMIX (7 min France 2005 S8/Hi8/DV)

Thorsten Fleisch HEX SUFFIX CACHE TEN (13 min Germany 2012)

Shambhavi Kaul SCENE 32 (5 min India/USA 2009 16mm/HD)

INTERMISSION

Matjaž Ivanišin KARPOTROTTER (Karpopotnik) (48 min Slovenia 2014 S8/HD)
Introduction by Joel Schlemowitz

 

Program 2: Weinbren Studio Saturday November 15th 7:30 pm

119 West 22nd Street, 3rd floor, New York City

Harun Farocki Tribute

PROGRAM

* Johanna Vaude NOTRE ICARE (9 min France 2001)
* Harun Farocki “INEXTINGUISHABLE FIRE” (22 min Germany 1969)
* Jill Godmilow “WHAT FAROCKI TAUGHT” (30 min USA 1998)

• introduced by Jill Godmilow •

Brooklyn Fire Proof 119 Ingraham Street Brooklyn
(entrance on Johnson Avenue and Porter • L Train to Morgan Ave)

 

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Hybrid Theory

 

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Johanna VaudeHybridationCF_02

« Hybridation : Le cinéma expérimental contemporain et les nouvelles technologies selon Johanna Vaude » in Cinémathèque Française, programme Septembre – Octobre 2006, p. 86,87

english

HYBRIDIZATION IN CONTEMPORARY EXPERIMENTAL CINEMA WITH NEW TECHNOLOGIES ACCORDING TO JOHANNA VAUDE

Program of the « Cinémathèque Française » (French Anthology Film Archives)_ Paris, September / October 2006, p.86-87

« Johanna Vaude, brilliant young experimental film-maker, dedicates her cinematic and analytical works to what will doubtless appear as the big affair of this turning point of the millennium as regards the mobile images : hybridization, the hybridization of supports, practices, ideas. In the palette of an incredible wealth available to the film-makers today, in these plastics possibilities that the artists grant themselves through repeated and various diversions, excesses, alliances and tribologiques researches, in this fascinating excitement, how to distinguish ? The informed, sensible and subtle glance of the author of “The Wild Eye”, which has just dedicated a fundamental essay to the history of the film hybridization, helps us to discover, to look from different view points. »

Nicole Brenez

« The appearance of the new technologies renews the traditional practice of the experimental movies. The notion of plastic hybridization is nowadays subject to changes because it is situated in the heart of the film media. How to report this disruption of the practices, techniques and supports ? We discern three processes: the transplant, the fusion and the heredity.

The « Transplant » films include, on the same support, the various elements from diverse sources – video, digital, film – which live together without becoming distorted. The sources do not mix, they remain intact, in their state, and are juxtaposed. Without our noticing it consciously, the videos images or those from of the last technologies come into gestures and artistic practices of the filmmakers.

The « Fusion » films mix all the materials, without distinguishing them (photos, digital, Super 8 films, 16mm, 35mm, video, etc.), by mixing them, so that we do not know anymore where is the first source, which is not important anymore. What counts, is the plastic and aesthetic result : all the elements and the techniques marry, are linked, are not anymore recognizable as such. These films attest of an assimilation of all the materials and the supports in relation with the world of the images.

The « hereditary » films are only on digital. The film disappeared in its physical manipulation, there is no more trace, except a « genetic » trace. We can see, in certain digital videos works, the signs of previous practices and the experimental techniques (recycling / footage, scratching, assembly (editing), flicker, etc.)

We can see, in certain videos digital creations, the signs of the previous practices specific the experimental, (recycling / footage, scratching, editing, flicker, etc.), reconstituted techniques, remade either by software or by gestures that come back constantly, but with different tools. These gestures are either the sign of a tradition and a transmission of a practice of the experimental movies, or on the contrary an intuition, an evidence, because certain filmmakers, without knowing particularly the experimental movies, are naturally going to proceed with an already pre-existent home-made practice.

Subsequently, we see new film practices finding their specific languages from the new technologies: virtual world (being also able to express a reality), artificial intelligence…

The practice of hybridization puts in touch all the techniques of the film and the digital technology. It is a film « gesture » which transfers the old to the new. That is a continuity where we would see a break. Some users, who have now access to these new technologies, participate, sometimes unconsciously, in this transfer by using all the means at their disposal.

It is a human reflex which let hope a future where the experimental could exceed all the current limits and lease to be confined in a unique practice or a belonging. »

Johanna Vaude

« A population (…), is defined by its borders with the other groups of the same kind; these borders are hardly waterproof, it is this porosity which brings the main part of the new genes. »

(Albert Jacquard, Les hommes et leurs gènes, 1994.)


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Texte paru dans  la revue scientifique Corps [Edition Dilecta] sous la direction de Bernard Andrieu et Philippe Coutarel

Greffe, fusion, hérédité. L’hybridation dans le cinéma expérimental contemporain.

Les formats les plus couramment employés dans le cinéma expérimental sont, pour des raisons économiques, le super 8 et le 16 mm. Le 35 mm ou le 8 mm sont également utilisés (pellicule rare) et le 70mm exceptionnellement. Parmi les nombreuses réalisations expérimentales, un souci constant de recherche plastique et esthétique pousse cette pratique à chercher de nouveaux procédés techniques ; les effets visuels obtenus grâce aux filtres, les vitesses de prises de vues et de projections, l’image par image, le développement en laboratoire, les temps d’exposition, les surimpressions, les interventions directes sur la pellicule, le montage, la récupération (le found footage). On trouve également une réflexion sur sa spécificité dont découle une remise en question permanente ; c’est par ce biais qu’il ouvre son champ à d’autres domaines – comme les arts plastiques, la poésie, la musique, la philosophie, le documentaire, l’engagement politique, la forme narrative, etc. – et nous offre une palette de genres incroyablement large et riche.
Aujourd’hui, c’est avec cette longue tradition d’expérimentations et tout cet acquis de réflexions techniques, plastiques et esthétiques que le cinéma expérimental actuel rencontre les nouvelles technologies mises à la disposition du grand public. Depuis la fin des années 90 et le début des années 2000, les premiers logiciels de montage (Final Cut Pro., I-movie ou Adobe Première) sont accessibles aux cinéastes expérimentaux. On voit apparaître des réalisations très actuelles abordant de nouvelles expérimentations en rapport avec ces outils récents et leurs potentiels techniques. Ces nouveaux supports ne viennent pas remplacer les autres plus anciens. Les cinéastes expérimentaux y voient bien plus une complémentarité. Ils remettent en question leur propre fonctionnement et explorent ce nouveau domaine qui va s’élargissant. C’est une mutation qui s’opère au sein de la pratique expérimentale et qui donne lieu à une hybridation des supports, à une forme de créativité insoupçonnée. Si l’on se réfère au dictionnaire, l’hybridation plastique signifierait un croisement naturel ou artificiel de deux espèces ou variétés différentes. Si nous avons à la base deux supports différents tels que du 16mm et du numérique, l’hybridation n’est pas un film par exemple tourné et monté en 16mm puis projeté en vidéo. L’hybridation est bien davantage un mélange plastique, une cohabitation de divers éléments à l’intérieur même du film. C’est la transposition d’images filmées sur des médiums tels que le super 8, le 16 mm, le 35 mm, la vidéo numérique, et retravaillées à partir de différentes techniques : interventions sur pellicule (peinture, collage, grattage), la retouche d’images numériques (Photoshop, After Effect), le montage traditionnel et numérique, création d’images de synthèse (programmation, logiciels de 3D). Au final, ces images sont rassemblées sur un support commun, qu’il soit argentique, analogique ou numérique, à partir duquel elles sont projetées. Le “ corps ” du cinéma se transforme. Si l’on considère le cinéma en général comme une espèce, alors les croisements qui se sont effectués entre le cinéma expérimental et les autres domaines artistiques sont une hybridation entre deux espèces différentes puisque les pratiques, comme la sculpture, ne sont pas de la même catégorie et de même constitution. Actuellement, c’est un tout autre croisement qui s’opère, car les différents supports, matériaux et instruments qui constituent le cinéma contemporain sont des variétés de sa propre espèce. Pour la première fois, le cinéma est en train de se décliner lui-même comme ce fut le cas dans d’autres domaines artistiques. Les hybridations plastiques que le cinéma expérimental a explorées avec d’autres espèces, comme la peinture, sont des pratiques qui l’ont précédé et l’ont imprégné de leurs acquis ; contrairement aux nouvelles technologies qui sont en “ avant de lui ”, presque sans histoire. C’est peut-être cette nouveauté propre au cinéma qui fait peur et crée une frontière entre une pratique du cinéma expérimental adonnée à la “ pureté pelliculaire ”, et une autre plus aventurière qui s’ouvre aux nouveaux instruments présents dans le monde moderne des hautes technologies. Les nouvelles hybridations se passent dans le matériau même du cinéma, avec un corps nouvellement constitué qui est celui du numérique : sa composition morphologique change, et après observations, on distingue trois formes d’hybridations expérimentales actuelles : la greffe, la fusion et l’hérédité. Ces trois formes d’hybridation n’ont pas de frontières totalement délimitées, beaucoup de réalisations peuvent recouvrir et déborder plusieurs de ces distinctions. Certains films peuvent à la fois fusionner tout en étant de l’ordre de l’héréditaire. Ces trois distinctions permettent de mieux comprendre les gestes et les enjeux de cette nouvelle hybridation du cinéma expérimental actuel.

La Greffe
“ Il est une ancienne croyance très répandue, et qui repose sur un ensemble considérable de preuves, c’est que de légers changements dans les conditions d’existence sont avantageux pour tous les êtres vivants. (…) et que, d’autre part, de légers croisements, (…) ajoutent à la vigueur et à la fécondité des produits. ” (Charles Darwin 1859, p. 320-321.)

Les films dits de “ greffe ” regroupent, sur un même support, différents éléments provenant de diverses sources – vidéo, numérique, argentique – qui cohabitent les unes avec les autres sans se dénaturer. Elles ne se mélangent pas entre elles, elles restent intactes, en leur état et sont juxtaposées les unes contre les autres. Pourquoi les cinéastes ont-ils recours à la greffe ? Pourquoi le corps du film a-t-il besoin de ces agrégations ? Très souvent, pour une raison pratique ou financière, les cinéastes vont avoir recours à ces greffes pour apporter à leurs créations les éléments manquants et pouvoir constituer le corps en son entier. La greffe, d’une certaine manière, est aussi arrivée dans le cinéma expérimental pour des raisons culturelles et sociologiques, car ces nouvelles images qui nous entourent font partie de notre environnement quotidien. Sans que l’on s’en aperçoive de manière toujours consciente, les images issues des dernières technologies viennent s’introduire dans nos gestes et nos pratiques artistiques.

La fusion
“ (…) le croisement de formes qui ne sont que légèrement différentes favorise la vigueur et la fertilité de leur descendance et ensuite, que de légers changements dans les conditions de vie sont apparemment favorables à la vigueur et à la fertilité de tous les êtres organisés. ” (Charles Darwin 1859, p. 330.)

Les films “ fusion ” sont ceux qui mélangent tous les matériaux, sans les distinguer, en les mixant les uns avec les autres, de telle sorte qu’on ne sache plus vraiment où se trouve la source première qui n’a plus de réelle importance : tous les éléments s’épousent, s’imbriquent, ne sont plus vraiment identifiables, ne forment plus qu’un et peut-être un « troisième terme ». Ces films témoignent d’une assimilation de tous les matériaux et supports en rapport avec le monde des images : photos argentiques, numériques, films Super 8, 16mm, 35mm, vidéo, etc.

L’hérédité
“ En vertu du principe si puissant de l’hérédité, toute variété objet de la sélection tendra à propager sa nouvelle forme modifiée. ” (Charles Darwin 1859, p. 49.)

Les films “ héréditaires ” sont conçus uniquement en numérique. L’argentique a disparu dans sa manipulation physique, il n’y en a plus de trace, sauf une trace “ génétique ”. On peut voir, dans certaines créations vidéos numériques, les signes des pratiques antérieures et propres à la pellicule, reconstituées, refabriquées, soit par des logiciels, soit par des gestes qui reviennent sans cesse, mais avec des outils différents. Ces gestes sont soit le signe d’une tradition et transmission d’une pratique du cinéma expérimental, soit au contraire, une intuition, une évidence car certains cinéastes, sans connaître particulièrement le cinéma expérimental, vont naturellement procéder à une pratique artisanale déjà préexistante.

“ Le procréé peut fort bien être différent de l’un et de l’autre des géniteurs (…) les géniteurs ne transmettent pas ce qu’ils sont, mais la moitié des facteurs qu’ils avaient reçus. (…) Le résultat obtenu est unique, le nombre des possibles est immense.” (Albert Jacquard 1994, p.18-21.)

Le cinéma expérimental a acquis un grand savoir-faire en termes d’expériences cinématographiques aussi bien au niveau technique que plastique et esthétique. Aujourd’hui, les expériences plastiques faites avec la pellicule sont arrivées à leur terme : par exemple un cinéaste qui pratique actuellement de la peinture sur pellicule prolonge en quelque sorte une tradition de la pratique expérimentale. Ce n’est plus une expérience au sens large, mais une expérimentation à sa propre échelle personnelle, puisque le procédé a été maintes fois exploré et découvert. Ceci ne veut pas dire que cette pratique est “ révolue ” ou “ dépassée ”, mais elle devenue un acquis et un précieux héritage qu’il faut pouvoir renouveler dans le paysage numérique des dernières technologies. Actuellement il faut se questionner sur les possibilités plastiques et expérimentales de ces héritages : comment peuvent-elles s’inscrire dans ce nouveau paysage, que peuvent-elles transmettre aux nouvelles pratiques, qu’est-ce que ces nouveaux outils et usages peuvent nous apporter en retour ?
L’hybridation plastique avec les dernières technologies permet la rencontre de pratiques venant de différents milieux – arts plastiques, graphismes, VJing, cinéastes, Web masters, animateurs de films, programmateurs informatiques, réalisateurs de clips musicaux. Même si une culture ou une pratique s’évanouit, il en reste toujours des traces dans les nouvelles sociétés. On ne peut pas encore savoir ce qui se passera concrètement pour le cinéma expérimental, mais nous savons déjà que les supports argentiques vont peu à peu disparaître tandis que l’acquis lui-même de la pratique expérimentale va subir ou subit déjà une “ transmigration ” vers les nouvelles technologies et continue de cette façon à évoluer et à influer.
Certaines réalisations aujourd’hui ne sont plus techniquement identifiables. Les frontières s’estompent, les pratiques se mélangent et donnent forme à un nouveau continent, à une nouvelle ère pour le cinéma artisanal. Un tel brassage de cultures et de pratiques artistiques va sans aucun doute donner naissance à de nouvelles formes cinématographiques, de nouvelles propositions d’images et de nouvelles positions relationnelles entre le cinéaste et son outil l’ordinateur. Celui-ci en effet devient peu à peu l’instrument quotidien du cinéaste car il réunit potentiellement, du point de vue des images, toutes les pratiques entre elles : Photoshop pour la photo, Final Cut Pro., I-movie, Adobe Première pour le montage numérique, After Effect pour les effets spéciaux, 3DS Max, Combustion pour de la 3D, Flash pour l’animation sur le Web ou dans les films. Tout est maintenant à portée de main. On peut également créer les images soi-même sans passer par la caméra, soit en construisant ses propres formes en 3D directement à partir du logiciel, soit en traçant du pixel, soit en cherchant des images sur Internet ou en les extrayant depuis un DVD. Aujourd’hui existe aussi le Net Art, des sites interactifs à la croisée de l’animation, du jeu, du graphisme et même de l’expérimental. Comme la technologie ne cesse de se développer, on peut très bien imaginer que d’ici quelques années l’émergence des “ flash films expérimentaux ” sur le réseau, empreints de la culture du flicker, du montage psychédélique, d’images par images, d’expériences sur les supports et les programmations, de found footage, le tout mêlé à l’interactivité. Tous les moyens et les codes de l’image en mouvement éclatent et se conjuguent actuellement.
L’hybridation plastique dans le cinéma expérimental actuel annonce un changement en profondeur pour la pratique artisanale. Ses repères sont modifiés et les nouvelles pratiques qui se sont engagées annoncent un renouveau de l’esthétique visuelle expérimentale. Nous pouvons déjà entrevoir que les films dits de “ greffe ” et les films dits de “ fusion ” seront des pratiques “ éphémères ”, car lorsque la pellicule argentique ne sera plus accessible aux cinéastes, seuls les films dits “ héréditaires ” survivront. Les films de “ greffe ” et de “ fusion ”, mélangeant, raccordant et conjuguant deux pratiques, argentiques et numériques, sont en quelque sorte les témoins visibles d’un bouleversement dans le monde des images en mouvement.
Les résultats de ces hybridations cinématographiques seront-ils pris en considération et de ce fait seront-ils féconds ou stériles ? Car comme on peut le lire dans L’Origine des espèces de Charles Darwin, certains croisements donnent des hybrides incapables de se reproduire, ou au contraire, la fécondité des descendants augmente (Charles Darwin 1859, p. 314). Les mauvaises conditions environnementales sont les facteurs principaux qui empêchent la reproduction des végétaux hybrides, comme le remarque Charles Darwin : “ Les conditions défavorables affectent plus facilement la fécondité (…) ” (Charles Darwin 1859, p. 320.)
La pratique de l’hybridation met en relation toutes les techniques connues de l’argentique et du numérique. C’est là un “ geste ” cinématographique qui transfère l’ancien vers le nouveau. C’est-à-dire, une continuité là où nous aurions tendance à voir la rupture. Une continuité qui passe par la transmission des acquis, des héritages, d’une histoire. Ces acquis, ces héritages, cette histoire, sont tellement présents que sans le savoir et sans a priori, certains utilisateurs, qui ont maintenant accès à ces nouvelles technologies, participent à ce transfert en exploitant tous les moyens qui sont à leur disposition. Les cinéastes qui connaissent cette charge historique pourraient faire le lien et faire découvrir aux nouveaux praticiens (comprenant des programmateurs informatiques, des webmaster, des infographistes…) l’origine et l’histoire du cinéma expérimental. Ces nouveaux praticiens sont curieux et portés naturellement à l’exploration, à l’expérimentation et à la création. C’est là un réflexe humain qui laisse entrevoir un avenir où l’expérimental pourrait dépasser toutes les limites actuelles et ne plus être circonscrit par une pratique unique ou une appartenance. Aujourd’hui, il y a un tel foisonnement de productions artisanales et de tels moyens de diffusions à notre disposition, une telle multiplicité de foyers de créations, que localiser l’ensemble de la production expérimentale devient une entreprise d’autant plus passionnante qu’elle s’avère difficile.

 


 

Corps & Couleurs : L’Hybride par Bernard Andrieu

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« L’hybride » par Bernard Andrieu in Corps & Couleurs, CNRS éditions, dir. Pascal Blanchard, Gilles Boëtsch, Dominique Chevé, page 138-147, 2008


Histo.art 2 – Le cinéma critique. De l’argentique au numérique, voies et formes de l’objection visuelle

« Greffe, fusion, hérédité : l’hybridation dans le cinéma expérimental contemporain » par Johanna Vaude

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Le cinéma critique. De l’argentique au numérique, voies et formes de l’objection visuelle

sous la direction de Nicole Brenez et de Bidhan Jacobs

Au tournant du XXIe siècle, l’art du fi lm a connu des mutations profondes et rapides qui semblaient faire de la technologie le moteur de la créativité. Les cinéastes ont vécu une situation nouvelle et passionnante : ils pouvaient puiser à volonté dans plus d’une centaine d’années de matériel argenti-que, vidéographique puis numérique, et trouvaient à leur disposition un nombre croissant d’outils pour transférer, hybrider, tresser les supports d’images. Simultanément, aussi technicide que technophile, la logique industrielle fondée sur un turn-over à rotation accélérée démantelait des pans entiers de l’arsenal argentique et vidéographique. Comment les pratiques artistiques ont-elles affi rmé leur auto-nomie par rapport aux consignes technologiques et aux commandes sociales ? Comment ont-elles articulé exigence formelle et dynamique d’éman-cipation ? Cet ouvrage collectif recense les voies et les formes singulières de l’objection visuelle, notion qui renvoie aux différents modes d’actualisation pratique d’une conception du film comme travail critique. Issu des journées d’études « Cinéma expérimental et histoire » (2007), « Collectif Jeune Cinéma/Festival des cinémas différents. Histoire, conservation et diffusion du cinéma expé¬rimental » (2008), « L’art au temps du numérique » (2009) et des programmations impaKt (conçues par les Trois Lumières) qui se sont déroulées au sein de l’Institut national d’histoire de l’art à l’initiative des chercheurs de l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne (École docto¬rale Histoire de l’art), ce deuxième volume de la collection Histo.art associe manifestes et analyses d’artistes, d’enseignants et de doctorants. Une préface du cinéaste Peter Whitehead et une intervention en images du plasticien Ange Leccia enrichissent l’ouvrage.

 

Ed. Publications de la Sorbonne, 2010

Screenings

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Projections Monographiques – FOCUS (sélection)

 

2017 Festival SILHOUETTE – Carte Blanche à Johanna Vaude, Paris, France
2017 SCAM, Présentation du Prix Label Image 2016, Festival Les Passeurs de Lumière, Bannalec, France
2016 COMMUNE IMAGE – carte Blanche à Johanna Vaude, Saint-Ouen, France
2016 FESTIVAL CABARET VERT – Focus Johanna Vaude, Charleville-Mezières, France
2015 Le mois du film expérimental et de l’art vidéo, Le Found Footage : séance Johanna Vaude, Bibliothèque du cinéma François Truffaut, FORUM DES IMAGES, Paris, France
2015 Hybride : courts-métrages de Johanna Vaude, LUX, Scène Nationale de Valence, Valence, France
2013  Focus Carte Blanche Johanna Vaude Blow Up, LES PASSEURS DE LUMIERES, Bannalec, France
2013 LUX, Scène Nationale de Valence, Focus Johanna Vaude : Hybride – No limits for vision, Valence, France
2011 Focus Johanna Vaude, VIDEOFORMES, Clermont-Ferrand, France
2008 Hybride – Johanna Vaude, Dresdener Schmalfilmtage, Dresde, Allemagne
2008 Johanna Vaude Hybride DVD, WERKSTATTKINO (Cine-club), Munich, Allemagne
2008 Carte blanche à Johanna Vaude, ffAT Muffatwerk, Münich, Allemagne
2008 Experimental : The art of Johanna Vaude, THESS International Short Film Festival, Thessaloniki, Grèce
2007 Soirée Johanna Vaude, scéance découverte, CINÉMATHÈQUE Française, Paris, France
2007 Trajectoire, FEstival des CinÉmas Différents de Paris, France
2007 Johanna Vaude’s films, Re : use , NFF / New Form Festival, Vancouvert, Canada
2006 Traverse Vidéo, CINÉMATHÈQUE Française de Toulouse, France
2005 MK2 BEAUBOURG, Les films de Johanna Vaude, Paris, France
2003 Wild eyes, Pesaro Film Festival, Pesaro, Italie
2002 Les films de Johanna Vaude, Festival Côté Court de Pantin, Pantin, France

 

Projections collectives (sélection)

 

* Projections spéciales
2015 MINISTÈRE DE L’ECONOMIE ET DE L’INDUSTRIE, projection en ouverture du Colloque Objets intelligents, robots : fantasmes et réalités, Printemps de l’économie, Paris, France

* Institutions, centres culturels, galeries

2015 HIGH IN LIGHT, exposition du 20 au 28 janvier, Le Belvédère – Moulins du Roc, Winterlong Galerie, Niort, France
2014 VISUAL STUDIES WORKSHOP, MOVING IMAGES FROM EUROPE, University of Rochester, New York, USA
2014 MILLENIUM FILM JOURNAL 60 PUBLICATION SCREENINGS, Brooklyn Fire Proof Stages, New York, USA
2014 FILE BELO HORIZONTE, exposition du 25 Août au 5 octobre, FIEP Cultural Center, Sao Paulo, Brazil
2014 FRANKFURT FILMMUSEUM, The Audiovisual essay, curator : Adrian Martin, Frankfurt, Allemagne
2013 GAÎTE LYRIQUE, en ligne avec Arte #2 / Blow Up, curator : Luc Lagier, Paris, France
2011 Émergence des styles numériques, une approche physique, CINÉMATHÈQUE FRANÇAISE, curator : Jacques Perconte, Paris, France
2009 PASSAGE FILM FESTIVAL À L’INHA (Institut National d’Histoire de l’Art), Paris, France
2009 Le réel simplifié, CINÉMATHÈQUE FRANÇAISE, carte blanche à Patrice Kirchhofer, Paris, France
2009 20 ans du magazine BREF, CINÉMATHÈQUE FRANÇAISE, curator : Raphaël Bassan, Paris, France
2008 Les artisans, Théâtre de l’Institut Français de Madrid, curator : Nicole Brenez & Elisabeth Sarre, Madrid, Espagne
2008 Paradise now ! Essential French Avant-Garde Cinema, 1890-2008, TATE MODERN, curator : Nicole Brenez & Stuart Cormer, Londres, Angleterre
2008 Sound & visual experiences, INHA (Institut National d’Histoire de l’Art / National Institut of Art History), Paris, France
2007 Jeune vidéo, PEPINIERES EUROPEENNES POUR JEUNES ARTISTES, Luxembourg Grande Région, Capitale européenne de la Culture 2007, Luxembourg
2007 INHA – Institut National d’Histoire de l’Art, Journée d’étude organisé par Les Trois Lumières, Paris, France
2007 PALAIS DE TOKYO, Soirée A.D.A à la librairie du Palais de Tokyo, Paris, France
2007 Video Killed the Painting Star – A Curious Discovery Was Made, CCA : THE CENTER FOR CONTEMPORARY ARTS, Glasgow, Angleterre
2006 CINEMATHEQUE FRANÇAISE, Hybridation, le cinéma expérimental et les nouvelles technologies selon Johanna Vaude du 1er septembre au 20 octobre, Paris, France
2006 L’Etna remix, CINEMATHEQUE FRANÇAISE, Paris, France
2006 L’INHA (Institut National d’Histoire de l’Art), Cinémas, Inauguration de la galerie Colbert en présence du Ministre de la Culture, du Ministre de l’Education, et du Ministre Délégué à la Recherche, Paris, France
2005 Park in Progress 3 / Nuit Européenne de la jeune création, PEPINIERES EUROPEENNES POUR JEUNES ARTISTES- INJEP, Marly le roi, France
2004 ANTHOLOGY FILMS ARCHIVES, curator : Marcel Mazé / CJC, New-York, USA Un inventaire contemporain II,
2004 GALERIE DU JEU DE PAUME, Inventaire contemporain II, curator : Nicole Brenez, Paris, France
2004 De l’argumentation visuelle. Initiatives contemporaines dans le champ de l’essai, CINEMATHEQUE FRANçAISE, curator : Nicole Brenez, Paris, France
2004 Influences du cinéma de Hong-Kong sur les recherches expérimentales Françaises, UNIVERSITY OF HONG-KONG, curator : Nicole Brenez, Hong-Kong
2003 Negli Abissi Dell’emulsione – I colori del cinema sperimentale, ISTITUTO CINEMATOGRAFICO DELL’ AQUILA, La Lanterna Magica, L’aquila, Italie
2003 Hors limites, actualités de la forme du clip, CINEMATHEQUE DE LA DANSE, curator : Xavier Baert, Paris, France
2002 Forms and New Forms of the Visual Study-Recent Austrian and French Experimental Developments 12 JAHRE SIXPACK FILM !, Vienne, Autriche
2002 French Experimental Film, VIDEO ART CENTER, Tokyo, Japon
2002 Vidéo expérimentale / magazine Repérages, LE CUBE, Issy-les-Moulineaux, France
2002 Französischen Experimental films, INSTITUT DES KINOFILMS, Karlsruhe, Allemagne
2002 INDEPENDENT FILM SHOW E-M ARTS, French Institut of Naples, Naples, Italie
2001 Carte blanche à Raphaël Bassan, Cinémathèque Française, Paris, France
2001 Le cinéma et son double, LA FEMIS, curator : Philippe Azoury, Paris, France
2000 Jeune, dure et pure ! Une Histoire du cinéma d’avant-garde et expérimental en France, CINEMATHEQUE FRANçAISE, curator : Nicole Brenez & Christian Lebrat, Paris, France
2000 LE FRESNOY (Studio National des Arts Contemporains), Tourcoing, France
2000 Len Lye et le cinéma direct, CENTRE GEORGES POMPIDOU, Commissaire : Jean-Michel Bouhours, Paris, France
1999 La jeune garde 2000, CINEMATHEQUE FRANçAISE, curator : Nicole Brenez, Paris, France
1999 Le clip : Forme séminale du cinéma expérimental, CINEMATHEQUE FRANçAISE, curator : Nicole Brenez, Paris, France
1997 GALERIE DONGUY, curator : Stéphane Marti, Paris, France

* Festivals
2017 ASOLO ART FILM FESTIVAL, special screening : latest editions best off, Asolo (TV), Italie
2017 VIDEODROME, Cinésciences l’Impossible, 24 heures de Sciences, Polly Maggoo / Rencontres Sciences et cinema (RISC), Marseille, France
2017 TRAVERSE VIDEO ’20 ans, ce n’est pas rien », Toulouse, France
2016 15ème SACRAMENTO French Film Festival (en ouverture du documentaire « Demain » – Projection sur grand écran IMAX), Californie, USA
2016 FESTIVAL SILHOUETTE – Carte Blanche à « L’hybride », Lille, France
2016 Festival TRAVERSE VIDEO « l’atypique trouble », Toulouse, France
2015 FESTIVAL SILHOUETTE, Focus : « Le chant de la terre », projection plein air, Paris France
2014 HONG-KONG FRENCH FILM FESTIVAL, FRENCH CINEPANORAMA, Short-films selection, Hong-Kong, Chine
2014 MUESTRA DE CINE REALIZADO POR MUJERES, Centro de Historia, Saragosse, Espagne
2014 FESTIVAL TAKAVOIR, projections des cartes blanches de Johanna Vaude pour Blow Up, Nior, France
2014 TRAVERSE VIDEO, Carte Blanche à Sacrebleu Productions, Toulouse, France
2013 COURT C’EST COURT, Association Cinambule, cinéma itinérant, Cabrières d’Avignon, France
2013 THE LONDON & PORTO UNDEGROUND FILM FESTIVALS, Horse Hospital, London & Porto, Potugal & UK
2013 FILMETS Badalona Film Festival, Barcelona, Espagne
2013 GOIAF Golden Orchid International Animation Festival, State College, Pennsylvania, USA
2013 WOMEN MAKE WAVES Film Festival, Tapei city, Taïwan, Chine
2013 ABSTRACTA FESTIVAL, Casa del cinema, Rome, Italie
2013 INCUBATE, Open Film Program Experimental 1, Tilburg, Nederland
2013 IMAGES CONTRE NATURE, pr. [sens/sense], Théâtre des Chartreux,Marseille, France
2013 MASHUP FESTIVAL, Programme Blow Up, Forum des Images, Paris, France
2013 SOUKMACHINES FILM FESTIVAL, Kremlin-Bicëtre, France
2013 TRAVERSE VIDEO, Musée des Abattoirs, curator : Simone Dompeyre, Toulouse, France
2013 LES VIDEOPHAGES invite TRAVERSE VIDEO, Simone Dompeyre, Toulouse, France
2013 FESTIVAL ÉMERGENCES, Lux Scène Nationale de Valence, Séance Blow Up Arte, curator : Luc Lagier et Catherine Rossi-Batôt, France
2012 FESTIVAL TOUS COURTS, La Nuit des Combats, Aix-en-Provence, France
2012 TRAVERSE VIDEO, carte blanche, Festival Séquence Court-Métrage, Musée des Abattoirs, Toulouse, France
2012 FESTIVAL CINEMA ABSTRACTA, sélection officielle, Rome, Italie
2012 FESTIVAL SILHOUETTE, Sélection Hybride, Le 104, Paris, France
2012 MashUp Film Festival, Soirée d’ouverture au Forum des images, curator : Luc Lagier, Paris, France
2012 Big Muddy Film Festival, official selection, Illinois, Etats-Unis
2012 festival AIVA, curator : Gabriel Soucheyre, Ängelholm, Suède
2012 Festival VIDEOFORMES, Prix de la Création Vidéo et séance jeune Public, Clermont-Ferrand, France
2012 Festival Traverse Vidéo, Projection au GAUMONT WILSON, Toulouse, France
2011 Festival Tous Courts d’Aix-en-Provence, Courts en Liberté, Animation(s), Aix-en-Provence, France
2011 FESTIVAL SILHOUETTE, Sélection officielle (« UFO Dreams » et « I turn home »), Paris, France
2011 Visions from the Future, CRONOSFERA, Belgrade, Serbie
2010 FESTIVAL SILHOUETTE, Sélection Hybride, Paris, France
2010 26è RENCONTRES GINDOU CINEMA, Carte blanche à Michel Armarger, Gindou, France
2010 Women Filmmakers, DIFFERENT DIRECTIONS, Galway, Irelande
2009 Festival Tous Courts d’Aix-en-Provence, La danse des corps, Aix-en-Provence, France
2009 23è FESTIVAL DU VAL DE MARNE (Festival de musiques actuelles), curator : Gabriel Soucheyre, Choisy-le-roi, France
2009 FESTIVAL SILHOUETTE, Sélection Hybride, Paris, France
2008 Unfamiliar Countries, Impossible Structures, AURORA on Tour, Rodina Cinema, St.Petersburg, Russie
2008 RISC : Rencontres Internationales Sciences et Cinémas, Marseille, France
2008 MAGMA FILM FESTIVAL, Acireale, Italie
2008 OBLÒ FILM FESTIVAL, Underground Film Festival, Lausanne, Suisse
2008 FESTIVAL SILHOUETTE, sélection Hybride et soirée d’ouverture, Paris, France
2008 CRONOSFERA, Vision from the futur, Torino, Italie
2008 FESTIVAL IMAGES CONTRE NATURE, Marseille, France
2008 FESTIVAL CÔTE COURT DE PANTIN, Pantin, France
2008 VIDEOEX, 10. Internationales Experimentalfilm & Video Festival, Zürich, Suisse
2008 THE PASSAGE FILM FESTIVAL, What is The Human Condition ?, Kentucky, USA
2008 L’ETRANGE FESTIVAL DE LYON, Cinéma Comoedia, Lyon, France
2008 VIDEOFORMES EXPOSITIONS, Projections nocturnes monumentales, Clermont Ferrand, France
2008 i^3_CATEGORY TERRORISTS FESTIVAL (international, independent, interstitial), Chicago, USA
2007 MAD – ACTIONS [moviment d’alliberament digital], semaine de la Poésie à Barcelone, Barcelone, Espagne
2007 CINAMBULE, Cinémobile, Court, c’est Court !, programmation : A. Blaise & N. Chatoux, Orange, France
2007 Super anim’8 : Digital and Super 8, CAMBRIDGE SUPER 8 Festival, Angleterre
2007 FESTIVAL TOUS COURTS d’Aix-en-Provence, Aixpérimental, France
2007 FESTIVAL DU FILM DE FAMILLE, chronique expérimentale à l’Espace 1789, Saint-Ouen, France
2007 RISC – Rencontres internationales Sciences et cinémas, cinéma Les Variétés, Marseille, France
2007 AURORA FILM FESTIVAL, Norwich international Animation Festival, Norwich, Angleterre
2007 FESTIVAL DES MUSIQUES INSOLENTES, programmation : JP. Noguès & E. Sarrouy, Draguignan, France
2007 52nd CORONA CORK FILM FESTIVAL, Free Radicals, Cork, Ireland
2007 D-NEEF – New European Film Festival, Vitoria, Espagne
2007 ELECTROFRINGE, Festival for Electronic Arts, Newcastle, Australie
2007 ABSTRACTA Cinema, Mostra Internazionale del Cinema Astratto, Rome, Italie
2007 FANTASIA FILM FESTIVAL, More celluloide Experiments, Montréal, Québec
2007 IMAGES CONTRE NATURE, Festival International de vidéo expérimentale, Marseille, France
2007 23.rd HAMBURG INTERNATIONAL SHORT FILM FESTIVAL, NoBudget competition : Experimental laboratory, Hamburg, Allemagne
2007 STRAWBERRY SUPER 8 FESTIVAL, international Super 8 Festival, Cambridge, Angleterre
2007 16 ème FESTIVAL CÔTE COURT DE PANTIN, compétition Expérimental-Essai-Art Vidéo, Pantin, France
2007 ART VIDEO SCREENING, curator : Nilsson, Västeras, Suède
2007 TRAVERSE VIDEO # 10 : La Re-visite, Toulouse, France
2007 STUTTGARTER FILMWINTER, Festival for Expanded Media : Compétition International, Stuttgart, Allemagne
2006 24è FESTIVAL TOUS COURTS D’AIX-EN-PROVENCE, compétition internationale, Aix-en-Provence, France
2006 FESTIVAL DU NOUVEAU CINEMA ITALIEN, Centre culturel Italien, Paris, France
2006 FANO INTERNATIONAL FILM FESTIVAL, Asolo International Art Festival’s archive, Fano, Italie
2006 LEVANTE FILM FESTIVAL, Imaginaria Film Festival at Levante Film Festival, Video Art, Milano, Italie
2006 FFA – FRENCH FILM AT, French Film At Monofaktur, München, Allemagne
2006 VAD : INTERNATIONAL VIDEO AND DIGITAL ART FESTIVAL, Casa de cultura de Girona, Girona, Espagne
2006 ASOLO ART FILM FESTIVAL, video art competition, Asolo (Treviso), Italie
2006 IMAGES CONTRE NATURE, Mouvement, Marseille, France
2006 SONGES D’UNE NUIT DV, 7ème Rencontres autour du film d’essai numérique, Altermédia, Pantin et Saint Denis, France
2006 INTRO OUT FESTIVAL – International Digital Art Festival, Mylos Cultural Center, Thessaloniki, Grèce
2006 2nd PIXEL DANCE VIDEO ART FESTIVAL, Animation, Thessaloniki, Grèce
2006 2nd ATHENS VIDEO ART FESTIVAL, Video art, Athens, Grèce
2006 700IS REINDEERLAND EXPERIMENTAL FILM AND VIDEO FESTIVAL Cultural Center of Fljótsdalshérað, Egilsstaðir, Islande
2006 UNINVITED FILM FESTIVAL, UNESCO, Intolérance, Paris, France
2006 VIDEOFORMES, XXIè, La nuit des arts électroniques,, Clermont-Ferrand, France
2006 (SUPER) REEL DAMES FILM FESTIVAL, LA SALA ROSA, Montreal, France
2006 LES INATTENDUS DE LYON, Festival de films (très) indépendants, Lyon, France
2005 21th RENCONTRES CINEMA DE GINDOU (Cinémathèque de la Danse), Gindou, France
2005 IMAGINARIA FILM FESTIVAL, Festival Internazionale di Cinema Libero, Conversano, Italie
2004 13th FESTIVAL DE CORTOMETRAJES DE MADRID, Cinemateque espagnola, Madrid, Espagne
2003 Corps politique, corps érotique, LES 8° JOURNEES CINEMA DE MONTAUBAN, Gindou, France
2003 Cinéma indépendant – images expérimentales, FESTIVAL NEMO, Paris, France
2003 FESTIVAL IMAGES CONTRE NATURE, Séance d’ouverture, Marseille, France
2002 FESTIVAL DES NOUVEAUX CINEMAS ET NOUVEAUX MEDIAS DE MONTREAL, Montreal, Canada
2002 FESTIVAL NEMO, Next Découvertes, Forum des Images, Paris, France
2002 FESTIVAL CINEMA TOUS ECRANS DE GENEVE, Festival International de Cinéma et de télévision, Genève, Suisse
2002 20° FESTIVAL TOUS COURTS D’AIX-EN-PROVENCE, Rêves en cours, France
2002 FESTIVAL PARIS TOUT COURT, compétition court-métrage, Paris, France
2001 45th LONDON FILM FESTIVAL, curator : par Mark Weber, Londres, Angleterre
2001 FESTIVAL D’AUBERVILLIERS, Metafort d’Aubervilliers, France
2001 FESTIVAL DU COURT METRAGE DE NICE, Expérience 2.0, Nice, France
2001 19è FESTIVAL TOUS COURTS D’AIX-EN-PROVENCE, Voyages plastiques, France
2001 CINEMA RITROVATO FESTIVAL, Bologne, Italie
2000 FESTIVAL COMBINAZIONE en partenariat avec le “ Musée d’Art Contemporain de Lyon “ et l’association In Phase, Lyon, France
2000 FESTIVAL DES CINEMAS DIFFERENTS DE PARIS, Collectif Jeune Cinéma, Paris, France

* cinémas
2017 CINEMA LE TRIANON, « Ciné-Space », Romainvielle, France
2015  CINéMA LE RéGENT, Les Rencontres du Film d’Art, carte blanche à Simone Dompeyre, Narration déconstruite, Arles, France
2012  CINéMA LE CRATERE, curator : Simone Dompeyre, Toulouse, France
2011  L’éclat Cinéma, Programmation Blow Up / Arte tv, Villa Arson, Nice, France
2010  CINEMA L’ARCHIPEL, Le langage des viscères IX, curator : Amine Boucekkine, Paris, France
2009  Avant-garde contemporaine, LUX de Valence, curator : Jacques Kermabon, Valence, France
2009  cinéma L’ARCHIPEL, Le langage des viscères VIII, curator : Amine Boucekkine, Paris, France
2008  Sexe, liberté et Cinéma – d’un genre à l’autre, Espace Magnan, curator : Dominique Païni, Nice, France
2007  Expérimentations celluloïdales, ONF – Cinérobothèque, Montreal, Québec
2007  Sampling : breaking time, KINO ARSENAL, Pixels and celluloide, curator : Maria Morata, Berlin, Allemagne
2007  PRINTEMPS DES POETES, Poésie & toiles, Espace 1789, Saint-Ouen, France
1999  Autour de l’abstraction, CINEMA LE LUX, curator : Philippe Cotte, Caen, France

* Lieux alternatifs
2014  CAFE CENTRAL, Entrez dans la matière, curator : Jean-Manuel Fernandez, Bruxelles, Belgique
2012  La Péniche Cinéma, Vidéoformes Preview, Paris, France
2011  LES TROIS BAUDETS, Le langage des viscères XVII, curator : Amine Boucekkine, Paris, France
2011 « Hybridation, détournement et miroir », LE CAFE CENTRAL, curator : JM Fernandez, Bruxelles, Belgique
2011 Cinétic Cinéma, MACHINES EXPERIMENTALES, Növo Local, Bordeaux, France
2011 La Péniche Cinéma, Vidéoformes Preview, Paris, France
2009 le Triton, Art video et cinéma expérimental, Les Lilas, France
2008  Flixation !, Horse Hospital Gallery, Londres, Angleterre
2008 Cine Club 7. STOCK, curator : Céline Berger, Dresde, Allemagne
2008 KLEM KURIA, Laboratorio de Electroacústica Musical, Cine-Concierto, Bilbao, Espagne
2007  Hybride works – Impure Cinema, STUDIO 27, curator : Wago Kreider, San Francisco, USA
2007 Love & Death, STUDIO 27, Cinematic Excursions into the Unknow, curator : Wago Kreider, San Francisco, USA
2007 SWARM RECORDS, soirée pluridisciplinaire, Light shows, Nanterre, France
2006  CAMERA/OBSCURA, monthly curated programme of innovative and experimental screen works, Sydney, Australie
2000  Chercheurs d’ombres, ETHNICOLOR, Bordeaux, France
2000 AFEA, Archive du film Expérimental d’Avignon, Avignon, France
1999  LA MALTERIE DE LILLE, projections expérimentales, curator : Chloé Donati, Lille, France
1998  POP-IN, La lueur déchirée, curator : Yves-Marie Mahé, Paris, France
1998 UNIVERSITE DE CENSIER, Association Braquage, Paris, France
1998 LE MOULIN JOLIE, Association Braquage, Paris, France

Jim Jarmusch par Johanna Vaude

blow up arte - mashup

Time : 5 : 23 min
Production : Blow up Arte / Camera Lucida
Editing design : Johanna Vaude
Original format : digital
Distributor : Blow Up Arte – Camera Lucida

 

Résumé : Un hommage aux magnifiques films de Jim Jarmusch…

Technique : Montage sonore et visuel à partir des films de Jim Jarmusch.

Infos : Jim Jarmusch par Johanna Vaude est une commande de Blow Up, l’actualité du cinéma (ou presque) sur Arte tv.

Synopsis : A tribute to Jim Jarmusch’s wonderful films…

Technique : Editing and sound work from films created by Jim Jarmusch.
To know more : Jim Jarmusch by Johanna Vaude is commissioned by Blow Up, the new cinema webzine on Arte tv. 

Click to enlarge / Cliquez pour agrandir…

Johanna Vaude blow up arte jim jarmusch par johanna vaude jim jarmusch par johanna vaude Johanna Vaude blow up arte jim jarmusch par johanna vaude jim jarmusch par johanna vaude

 

 « Every night and every morn
Some to misery are born,
Every morn and every night
Some are born to sweet delight.

Some are born to sweet delight,
Some are born to endless night. »

(…)

Excerpt from « Auguries of Innocence » by William Blake

 

PROJECTIONS

2015

> 2015 Présentation du Prix Label Image 2016, Festival Les Passeurs de Lumière, Bannalec, France
> 2015 Le mois du film expérimental et de l’art vidéo, Le Found Footage : séance Johanna Vaude, Bibliothèque du cinéma François Truffaut, FORUM DES IMAGES, Paris, France
> LUX, Scène Nationale de Valence, Hybride : court-métrage de Johanna Vaude, Valence, France

2014
> FESTIVAL TAKAVOIR, projections des cartes blanches de Johanna Vaude pour Blow Up, Nior, France

Blade Runner par Johanna Vaude

Johanna Vaude blow up arte

Time : 6 : 30 min
Production : Blow up Arte / Camera Lucida
Editing and soundtrack : Johanna Vaude
Original format : digital
Distributor : Blow Up Arte – Camera Lucida

 

Résumé : Un hommage au film culte Blade Runner avec un final cut alternatif…

Technique : Montage sonore et visuel à partir de Blade Runner de Ridley Scott et du poème déclamé dans The Wolfman de George Waggner.

Infos : Blade Runner par Johanna Vaude est une commande de Blow Up, l’actualité du cinéma (ou presque) sur Arte tv.

Synopsis : A tribute to Blade Runner with an alternative final cut…

Technique : Editing and sound work from Blade Runner by Ridley Scott and the poem said in The Wolfman by George Waggner
To know more : Blade Runner by Johanna Vaude is commissioned by Blow Up, the new cinema webzine on Arte tv.

« The way you walk is thorny
Through no fault of your own.
But as the rain enters the soil
The river enters the sea
So tears surround a predestined end…

Find peace for a moment my son
Now you will find peace for eternity »

Maria Ouspenskaya to Lon Chaney
In the movie « The Wolfman »

blade runner Johanna Vaude recut blade runner johanna-vaude-camera-lucida-productions-blow-up-arte Johanna Vaude Johanna Vaude blow up arte Johanna Vaude blow up arte johanna-vaude-camera-lucida-productions-blow-up-arte-tv blade runner recut

PROJECTIONS :

2015
>PASSEURS de LUMIERE, Présentation Prix Label image 2016, Banalec, France

> Le mois du film expérimental et de l’art vidéo, Le Found Footage : séance Johanna Vaude, Bibliothèque du cinéma François Truffaut, FORUM DES IMAGES, Paris, France

>LUX, Scène Nationale de Valence, Hybride : court-métrage de Johanna Vaude, Valence, France

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25/04/13 – Festival Sonore et Visuel – Théâtre Robert Manuel – Château de Plaisir

aCROSS’13, Festival Sonore et Visuel à Plaisir à l’occasion duquel Olivier Innocenti (accordéon contemporain) et Maxime Barthélémy (live électronic) joueront en direct sur le film « L’oeil sauvage ».

Jeudi 25 Avril à 19h15 au théâtre Robert Manuel, Château de Plaisir (78).

Château de Plaisir, 282, rue de la Bretéchelle – 78370 – Plaisir

Théâtre Robert Manuel - Plaisir

aCROSS’13 – Festival sonore et visuel

RevueDebordements

Revue Débordements

La revue Débordements a invité Johanna Vaude à écrire un texte sur sa pratique cinématographique : « Fragments de pensées pour une libre créativité » à lire en ligne !

The Webzine « Débordements » invited Johanna Vaude to write a review on her film practice : « Fragments of thoughts for free creativity » to read online ! (Only in french)

Extrait : »On a vite identifié mes films au genre « hybride », car j’utilisais différentes techniques du cinéma expérimental (peinture sur pellicule, montage caméra, image par image…), que j’ai très vite mélangées aux nouvelles technologies (images de synthèses, modélisation 3D, montage virtuel…). Ce processus n’a jamais été prémédité de ma part mais, travaillant avec très peu de moyens, j’ai utilisé toutes les possibilités pour mettre en images ce que je souhaitais donner à voir. Je voulais partager en images et en sons des visions personnelles qui me semblaient manquantes. Des idées, des propositions qui me semblaient en suspens. »

revue débordements