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« Johanna Vaude » par Simone Dompeyre à l’occasion de la séance à la Cinémathèque Française de Toulouse

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« Johanna Vaude » par Simone Dompeyre in « Catalogue Traverse Vidéo », Toulouse, 2006, p 90- 92

« Johanna Vaude » par Simone Dompere

Catalogue Traverse Video : « L’etat du monde  »

Catalogue du festival Traverse Video 2006 : « L’etat du monde »
« Soirée spéciale – Cinémathèque de Toulouse »

« Johanna Vaude part, en 2002, d’un film japonais pour faire de la peinture en mouvement, et en 2005, reprend des images bien plus antérieures avec l’homme de Léonard de Vinci ou des Ecorchés de Vésale y reconnaissant la même préoccupation du corps et du chiffre. Cependant le footage de Samouraï n’y reste que trace recadrée et remouvementée, dans le  rejet d’un espace de description ou d’appel à la reconnaissance… S’il reprend le combat japonais, loin de glorifier la geste brutale, il en retient la gestuelle parce qu’elle est des plus précises comme modèle du geste artistique, et se clôt sur l’image de fleur de lotus après diverses fois, le visage d’un enfant occupant le champ, impassible, loin de toute exaltation.

Ensuite, loin encore de s’apitoyer devant les horreurs et exactions de l’homme à l’homme, et de (se) persuader que cela suffit à être en bonne conscience, ses films imposent pleinement un regard « libre et sauvage » qui se défasse de toute fascination. Devant la barbarie en mouvement, elle impose que l’on s’interroge sur « comment on regarde la violence », que l’on s’effraie que certains se plaisent à cet engluement de l’horreur. Devant l’habitude de l‘homme d’entendre sans les écouter les informations concernant le quotidien, survivant de rien, elle oblige à y revenir par le travail du film, sans oublier que c’est de film dont il s’agit, sans la naïveté de penser qu’une image serait le calque du monde.

Et sachant le risque d’être taxée d’idéaliste, Johanna Vaude reprend la métaphore de l’envol et se garde bien de faire chuter Icare dont le visage final garde le sourire.

Ce regard autre, qui provoquant un cinéma autre, ne refuse pas les pratiques numériques si elles offrent d’autres champs d’expérimentation ainsi celle qui ouvre le plaisir de mêler à la peinture sur pellicule, les surimpressions de la vidéo.

Ce regard plus que rapide censé, selon la cinéaste être à l’image de ce notre regard devient, qui capte ainsi le monde au quotidien.

Le monde du film est rapide comme le regard sur le monde le devient.

Echo du Ciné œil vertovien qui montait des films disant le monde tel que le film le produisait, qui avec L’Homme à la caméra réunissait en leitmotiv l’œil et l’objectif, parce qu’il rendait indissociables le monde tel qu’il est, le monde tel qu’il est sur la pellicule, le monde tel qu’il est sur l’écran, Johanna Vaude mêle aussi les temps puisque la reprise d’images passées, les prises de vue de son actualité et la vitesse en flashforward décrit le regard tel qu’elle dit qu’il sera, rapide et en couleurs. »

Simone Dompere.

« Johanna Vaude » par Simone Dompere in « L’état du monde », Toulouse, 2006, p 90- 92.

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