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Compte rendu de la séance au Collège des Bernardins

Compte rendu de la séance de mes films au Collège des Bernardins le 18 février 2019 à l’occasion du séminaire « L’art tout contre la machine ».

Ecrit par Rodolphe Olcèse

et à lire ici…

Review available about my screening at the Collège des Bernardins. Written by Rodolphe Olcèse (only in french)

Read here…

Séance au Collège des Bernardins

Séance au Collège des Bernardins

Séance au Collège des Bernardins

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Collège des Bernardins, 20 rue de Poissy, Paris 5

 

Une séance de mes films est programmée au Collège des Bernardins, lundi 18 février à 19h00 dans le cadre du séminaire « l’art tout contre la machine » présenté par Rodolphe Olcèse, docteur en esthétique à l’université de Lyon. Entrée libre.

Le collège des Bernardins, ou collège Saint-Bernard, situé nᵒ 20 rue de Poissy dans le 5ᵉ arrondissement de Paris, est un ancien collège cistercien de l’historique Université de Paris.

A screening of my films is organized at the « Collège des Bernardins » in Paris, Monday, February 18 at 19:00 for the seminar « l’art tout contre la machine » presented by Rodolphe Olcèse, doctorant in aesthetics. Free entrance.

At the heart of the Latin Quarter in Paris a thirteenth century Cistercian building stands intact : the Collège des Bernardins.

 

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Vous pouvez aussi vous inscrire aux séances pour réserver votre place : marie-laurence.carouge@collegedesbernardins.fr

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Au programme / Program

L’oeil sauvage
Notre Icare
De l’Amort
UFO Dreams
I turn home (Stanley Kubrick)
I’m more than a machine
Chargez !
Chronovision

La séance de films sera suivie d’une discussion et d’un échange avec le public.

Le programme est susceptible de changer en fonction de la demande du public.

 

L’art tout contre la machine

« Ce séminaire se propose de comprendre en quoi les « nouveaux médias », qui relèvent du film, des formes multi et trans-médiales, qui nous impliquent (question des Big Data), appellent une critique. »

Johanna Vaude, artiste qui développe depuis de nombreuses années une pratique de remploi d’images, explore la mutation des images qui s’est opérée au sein de la pratique expérimentale avec l’arrivée des premiers logiciels dès la fin des années 90. Elle développe ainsi une hybridation des supports et une forme de créativité insoupçonnée.

La combinaison et la relation des images classiques et expérimentales engendrent ainsi des films singuliers qui oscillent entre avant-garde, clip, pop art, poésie introspective, expériences sensorielles, rêve et fiction…

Dans le cadre de cette séance, les récents films réalisés par Johanna Vaude pour le magazine Court circuit d’Arte seront mis en perspective avec ses premiers travaux, et inviteront à une réflexion permettant de montrer en quoi cette pratique qui cherche à réinscrire des images héritées dans des possibilités plastiques ou visuelles inédites peut en même temps devenir le lieu où s’ébauche une archéologie des médias et des supports.

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De l’information à la forme

Avec le développement des outils numériques de traitement d’images, de nouvelles opérations se sont généralisées et standardisées. La sélection et la composition du traitement de texte aux logiciels de montage ou de création sonore induisent un rapport inédit à la création, qui consiste moins désormais à engendrer purement et simplement une forme qui n’existait pas, sinon inscrite en puissance dans une matière, qu’à transformer un signal ou un jeu d’informations existant pour en faire émerger de nouvelles potentialités.

Dans cet 3e axe du séminaire, nous nous intéressons à des pratiques qui explorent cette nouvelle dimension de la création, et qui produisent des films en recyclant ou en explorant un patrimoine qui les précèdent. Il s’agira de comprendre comment la ressaisie d’une matière audiovisuelle permet d’en prolonger certains aspects en la transformant. De telles pratiques en effet reposent souvent sur un principe de dialogisme qui implique de faire exister une part des formes ou des discours dont s’empare l’artiste pour les accueillir dans une œuvre personnelle, qui peut s’ériger en continuité ou en continuité avec cette matière dans laquelle elle puise.

Cet axe de réflexion conduit aussi bien à évoquer des gestes de remploi qui communiquent avec l’histoire du cinéma, que d’ouvrir l’analyse à des gestes qui convoquent des formes visuelles qui excèdent le champ du cinéma (images véhiculées sur les réseaux sociaux, archives militaires, etc.).

 

Revue CIRCAV

Revue CIRCAV n°26

Cinéma et Internet :  représentations, circulations, réceptions

Un texte analytique de Rodolphe Olcèse est paru aux éditions L’Harmattan pour la revue CIRCAV N°26.

« Incidence de l’imaginaire cinématographique. La cinéphilie créative dans les recut  réalisés par Johanna Vaude pour Blow Up Arte » par Rodolphe Olcèse, p. 15 à 28.

 

 Extrait :

« Même si elle ne le revendique pas directement, la pratique de Johanna Vaude s’inscrit dans l’horizon qu’ouvre ce geste, qui consiste à parcourir, les mains dans la machine, un corpus de films pour proposer à partir de lui une forme inédite, qu’il rend possible à sa manière, mais ne saurait lui-même actualiser. Orientée vers des films de genre, la constellation que dessinent les vidéos de la plasticienne semble a priori se soustraire à une certaine discursivité propre à la pratique de Jean-Luc Godard pour se déployer dans un champ qui s’inscrit davantage dans l’ordre de la sensibilité visuelle. Mais elle partage avec les Histoire(s) du cinéma une manière d’associer des images pour faire apparaître en elles un tout autre ordre de figuration, dans un régime du choc qui peut emprunter plusieurs chemins – effets de montage, superpositions d’images, compositing – et qui permet de porter un regard critique sur cette riche matière dont il procède. Les films à partir desquels Johanna Vaude travaille sont capables, dans et par la pratique du remploi, de donner lieu à une ouverture au réel. »

 

Présentation

Dans le prolongement de la réflexion engagée par la revue CIRCAV sur les relations entre médias audiovisuels et innovations technologiques1, ce vingt-sixième numéro porte sur la rencontre du cinéma avec une technologie spécifique : Internet. Parce qu’il reconfigure les espaces de production, de diffusion et d’interprétation, Internet déplace le cadre traditionnel dans lequel évoluait le cinéma, qu’on appréhende celui-ci comme système de représentations, industrie culturelle ou médiation. Pour saisir cette diversité, ce numéro de la revue CIRCAV regroupe des contributions aux ancrages théoriques variés, qui explorent les relations esthétiques, philosophiques, culturelles, économiques, sociologiques et sémiotiques entre « les » cinémas et « les » internets.

 
1  Voir notamment Revue CIRCAV n° 25, « Trucage et télévision » (coord. Réjane Vallée), 2016 ; Revue CIRCAV n°22, « Cinéma(s) et nouvelles technologies. Continuités et ruptures créatives » (coord. Patrick Louguet et Fabien Maheu), 2011.

CIRCAV - rodolphe olcèse - johanna vaude

Rencontre avec Johanna Vaude par A bras le corps

Rencontre avec Johanna Vaude par A bras le corps

A bras le corps, revue en ligne spécialisée dans le cinéma, exposition, danse et performance, me consacre un entretien autour de mes vidéos réalisées pour Blow Up : Rencontre avec Johanna Vaude.

« Johanna Vaude réalise, depuis 2011, des films de recut pour le magazine Blow Up d’Arte. Une vingtaine de films courts, compositions hybrides à partir de films de sources diverses, dessinent une cartographie singulière du cinéma populaire. Rencontre avec Johanna Vaude, qui replace ces films de commande dans son itinéraire. » Lire la suite…

A bras le corps, a webzine specialized in cinema, exhibition, dance and performance, dedicated me an interview about my videos realized for Blow Up : Meeting with Johanna Vaude (only in french).

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Bref 81 – « Exploration de Johanna Vaude » par Rodolphe Olcèse

Bref 81

« Exploration de Johanna Vaude » par Rodolphe Olcèse (english below)

Cliquer pour agrandir // Click to enlarge…
Bref 81 Johanna Vaude
« Exploration de Johanna Vaude » par Rodolphe Olcèse in Bref  n°81- Janvier-avril 2008 , p.60

 

Johanna Vaude’s “Exploration”

By Rodolphe Olcèse 

Let us first introduce Johanna Vaude’s film with a small lexical information. Emile Littré’s dictionary, a positivist of the 19th century and a great thinker of the language, gives two meanings to the word “Exploration”. The first one, which has to do with the discovery of unexplored territories, is familiar. The second one comes from the medical vocabulary. The doctor carries out an exploration when he examines the symptoms of a sickness or looks for an ulcer. Then it is not by accident that Johanna Vaude, in this hybridization exercise called “Exploration”, appeals to the scientific and medical imagery.

The movement that the filmmaker/visual artist wants to achieve with this starting point is huge. It is a matter of going from the microscopic to the macroscopic, and to let see, in a sense, a kind of polymorphic abstraction, whatever contradictory this expression may appear. As a matter of fact it is one thing to be abstract when too tiny to be observed in its immediate presence, and another one when the immensity (for instance of the starry space) makes the forms on which our eyes open every day disappear. In accomplishing this movement from the cells to the stars, Johanna Vaude leads us, through pyrotechnics and explosives images associated with a soundtrack where the very pulsation of the film is to be heard, to this fiction that science never stopped nourishing, confirming after “Samouraï” (Samurai) and “De l’Amort” (Love & Death) that her work, with its particular demand and its sense of confrontation, must be understood as a tribute to genre cinema.

It is also necessary to distinguish the dimension of the tears that secretly inhabit the verb “to explore”. Referring again to the “Littré” dictionary, its Latin etymology – ex-plorare – invites thereto. It is a way to confirm that in the exploration, our eyes and glances are at stake. Tears run down and cover a distance. Exploration, where liquidity has an obvious place, is also a long flow, and tries to suggest something like a meeting that becomes, as any meeting may be in the future, power of procreation and novelty, as such heartrending. It is beautiful that we can see there an allegory of filmmaking, increased, possibly, by the lucidity of tears.

Exploration, 2006, mini dv, colour, 18 mn 45.

Réalisation et son : Johanna Vaude.

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Exploration de Johanna Vaude

Par Rodolphe Olcèse

Qu’il soit permis d’introduire le film de Johanna Vaude par une petite indication lexicale. Le dictionnaire d’Émile Littré, positiviste du XIXe siècle et grand penseur de la langue, donne deux sens au terme “exploration”. Le premier, qui a à voir avec la découverte de territoires inconnus, nous est familier. Le second est emprunté au vocabulaire médical. Le médecin procède à une exploration lorsqu’il examine les symptômes d’une maladie ou cherche à découvrir un ulcère. Ce n’est sans doute pas un hasard, donc, si Johanna Vaude en appelle, dans cet exercice d’hybridation qu’est Exploration, à l’imagerie scientifique et médicale.

Le mouvement que la cinéaste plasticienne veut accomplir en se proposant un tel point de départ est vaste. Il s’agit en effet de passer du microscopique au macroscopique, et de donner à voir, en un sens, une certaine polymorphie de l’abstraction, toute contradictoire que cette expression puisse paraître. C’est une chose en effet que d’être abstrait parce que trop minuscule pour être observé dans l’immédiateté de sa présence, et c’en est une autre de l’être parce que l’immensité (de l’espace étoilé notamment) fait disparaître les formes sur lesquelles nos yeux s’ouvrent quotidiennement. En accomplissant ce mouvement qui va des cellules aux étoiles, Johanna Vaude nous fait passer, par des images pyrotechniques et explosives, associées à une bande-son où s’entend la pulsation même du film, à cette fiction que la science n’a cessé de nourrir, confirmant, après Samouraï et De l’amort, que son œuvre, avec son exigence singulière et son sens de l’épreuve, se doit comprendre comme un hommage au cinéma de genre.
Il faut distinguer encore la dimension des larmes qui secrètement habite le verbe explorer. Selon Littré encore, son étymologie latine –  ex-plorare – y invite. C’est une manière de confirmer que dans l’exploration, il y va de nos yeux et de notre regard. Les pleurs coulent et franchissent une distance. Exploration, où la liquidité a une place manifeste, est pareillement un long écoulement, et s’efforce de suggérer quelque chose comme une rencontre qui soit, comme toute rencontre peut le devenir, puissance d’engendrement et de nouveauté, comme telle déchirante. Il est beau que nous puissions y voir une allégorie de la pratique cinématographique, grandie, possiblement, de la lucidité des larmes.

Exploration, 2006, mini dv, couleur, 18 mn 45.
Réalisation et son : Johanna Vaude.